L’euro repart à la hausse face au dinar algérien

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Après une séquence marquée par un léger repli puis une phase de stabilité, l’euro renoue avec la hausse sur le marché parallèle en Algérie ce mercredi 25 février 2026. La monnaie européenne reprend quelques dinars face à la devise nationale, confirmant une tendance haussière qui semble s’installer à mesure que la demande se raffermit.

Dans les principaux points d’échange informels, l’euro s’établit désormais autour de 280 dinars à l’achat et 282 dinars à la vente. Une progression modérée en apparence, mais significative dans un marché où les variations quotidiennes peuvent être rapides et parfois imprévisibles. Ces ajustements interviennent après plusieurs jours de stagnation, ce qui laisse penser que le cycle baissier observé récemment est désormais derrière.

Le marché parallèle demeure, de fait, la principale source d’approvisionnement en devises pour les particuliers. En l’absence d’un accès libre et élargi au marché interbancaire, de nombreux citoyens se tournent vers ce circuit informel pour se procurer des euros, que ce soit pour voyager, régler des dépenses à l’étranger ou effectuer des achats en ligne sur des plateformes internationales. Cette dépendance structurelle alimente un écart durable entre les cours officiels et ceux pratiqués sur le terrain.

À titre de comparaison, les cotations publiées par la Banque d’Algérie restent nettement inférieures. Pour la même journée, l’euro s’échange officiellement autour de 153 dinars, aussi bien à l’achat qu’à la vente selon les derniers chiffres disponibles. L’écart dépasse ainsi les 120 dinars par unité, un différentiel conséquent qui reflète les déséquilibres persistants entre l’offre réglementée et la demande réelle du marché.

Cette divergence s’explique en grande partie par le fonctionnement même du système de change en Algérie. Le marché officiel est réservé aux banques et aux opérateurs agréés, dans un cadre strictement encadré. Les particuliers, quant à eux, disposent d’une allocation touristique limitée, insuffisante pour couvrir l’ensemble de leurs besoins, notamment lorsqu’il s’agit de séjours prolongés, d’études à l’étranger ou de dépenses familiales hors du pays.

La hausse observée ces derniers jours serait notamment liée à un regain de la demande à l’approche de la seconde moitié du mois de ramadan. Traditionnellement, cette période marque le début des préparatifs pour l’après-ramadan : réservations de voyages, organisation de séjours estivaux, visites familiales en Europe ou encore déplacements professionnels programmés après l’Aïd. Cette anticipation pousse de nombreux ménages à acheter des devises en avance, ce qui exerce une pression immédiate sur les cours du marché noir.

Par ailleurs, certains cambistes évoquent également un ralentissement de l’offre disponible, ce qui contribue à soutenir les prix. Lorsque les flux entrants en devises diminuent — qu’il s’agisse de transferts informels ou de recettes issues de l’activité parallèle — la moindre augmentation de la demande suffit à tirer les taux vers le haut.

Pour les particuliers, cette remontée n’est pas sans conséquences. Un écart de quelques dinars peut paraître marginal à petite échelle, mais il devient significatif lorsqu’il s’agit de convertir des sommes importantes destinées à financer un voyage ou un projet à l’étranger. Les opérateurs économiques, notamment ceux qui dépendent de transactions en devises dans le cadre d’activités commerciales non officielles, suivent également ces fluctuations avec attention.

Dans ce contexte, le marché parallèle continue de fonctionner comme un baromètre officieux des tensions monétaires internes. Chaque variation traduit un mouvement d’anticipation, un changement dans les flux ou une modification des comportements d’achat. Si la tendance haussière se confirme dans les prochains jours, elle pourrait annoncer une nouvelle phase de pression sur le dinar sur le circuit informel, à mesure que la demande saisonnière s’intensifie.

Pour l’heure, les cambistes restent prudents. Le square a souvent montré sa capacité à inverser rapidement ses tendances. Mais en ce mercredi 25 février, un constat s’impose : l’euro reprend de la hauteur face au dinar sur le marché noir, et l’écart avec le taux officiel demeure, plus que jamais, spectaculaire.