L’euro a connu ce dimanche 30 novembre une chute spectaculaire sur le marché noir des devises en Algérie, mettant fin à plusieurs semaines d’ascension continue. Sur la place informelle la plus emblématique d’Alger, l’euro s’est effondré de manière inattendue, révélant une dynamique de marché noir où l’euro, bien que longtemps soutenu par la demande locale, a soudainement perdu sa valeur. Le marché noir, où les transactions en euros se font en dehors des circuits officiels, a enregistré un recul qui n’avait pas été observé depuis près d’un an. Selon les relevés, l’euro est passé de 290 DZD pour un euro, enregistré mardi dernier, à 280 DZD ce dimanche, marquant une baisse de 10 dinars en seulement quelques jours. Cette contraction du marché noir, combinée à la baisse rapide de l’euro, traduit une correction rare, qui surprend tant les cambistes que les observateurs économiques spécialisés dans le suivi du marché noir et des devises étrangères.
La dégringolade de l’euro sur le marché noir s’explique par une combinaison de facteurs liés à la demande et à l’anticipation des acteurs informels. Les voyageurs algériens ont continué à solliciter des euros pour leurs déplacements, tandis que les importateurs parallèles, notamment ceux de véhicules et de produits depuis la Chine, ont participé à un flux intense de transactions sur le marché noir. Ces échanges, qui influencent directement le cours de l’euro, ont provoqué un déséquilibre temporaire entre offre et demande, entraînant la chute rapide de la monnaie européenne. Sur le marché noir, l’euro, longtemps considéré comme une valeur refuge, montre ainsi une vulnérabilité inattendue, démontrant que même les devises les plus stables peuvent subir des corrections brutales lorsque la spéculation s’installe.
Les cambistes interrogés sur cette baisse du marché noir avancent plusieurs explications. D’une part, la rupture du seuil symbolique de 290 DZD pour un euro a déclenché une vague de ventes massives, où chaque transaction en euro sur le marché noir a accentué la chute. D’autre part, le marché noir fonctionne selon des mécanismes de perception et de rumeurs : la peur d’une baisse prolongée pousse les détenteurs d’euros à liquider leurs positions rapidement, accélérant la correction. Ainsi, la chute de l’euro sur le marché noir ne reflète pas uniquement les fondamentaux économiques, mais également une réaction collective des acteurs informels face à l’évolution rapide des prix et à la spéculation autour de la devise. L’euro, dans ce contexte, devient le symbole d’une volatilité extrême, tandis que le marché noir se transforme en un espace de tension où chaque mouvement de prix alimente l’inquiétude et la réaction en chaîne des cambistes.
Parallèlement, le marché officiel montre également une tendance baissière, mais de manière beaucoup plus modérée. La Banque d’Algérie a relevé dimanche un léger recul de l’euro officiel, passant de 150,9691 DA à 150,8918 DA pour 1 euro, indiquant que le marché interbancaire suit partiellement la tendance observée sur le marché noir. À l’inverse, le dollar américain continue sa progression officielle face au dinar, atteignant 130,3094 DA, révélant un choix ciblé des autorités de réguler la monnaie européenne plus fortement. Cette divergence entre marché officiel et marché noir souligne l’influence spécifique du marché noir sur le cours réel de l’euro en Algérie, et met en lumière la capacité du marché noir à amplifier les fluctuations de la monnaie européenne.
La baisse brutale de l’euro sur le marché noir pourrait annoncer une période de volatilité accrue. Les prochains jours seront déterminants pour observer si cette correction est ponctuelle ou si elle inaugure une tendance prolongée de baisse. Les cambistes et les observateurs économiques surveilleront de près l’évolution du marché noir, où l’euro reste un indicateur clé de la dynamique des devises informelles. Le marché noir, en tant que baromètre parallèle de l’économie, montre que la valeur de l’euro peut subir des variations rapides, influencées par la spéculation, la demande des voyageurs et les mouvements d’importateurs informels. L’ensemble de ces facteurs suggère que l’euro et le marché noir continueront d’être étroitement liés dans les semaines à venir, et que chaque fluctuation pourrait avoir des répercussions immédiates sur le quotidien des Algériens.