Le petit village de Montpont-en-Bresse, niché au cœur de la Saône-et-Loire, s’apprête à être le théâtre d’une union des plus controverséesn et qui est suspectée de constituer un mariage blanc. Danielle, une retraitée de 70 ans, militante engagée du Rassemblement National, s’apprête à dire « oui » à Fadi, un Tunisien de 30 ans en situation irrégulière. Un mariage qui suscite l’incompréhension et soulève de nombreuses interrogations, tant au sein de la municipalité que parmi les habitants.
L’histoire de Danielle et Fadi débute en 2019 sur les réseaux sociaux, selon France 3. Ce qui semblait être une simple discussion virtuelle s’est rapidement transformé en une relation intense. Deux ans après leur première interaction, Danielle décide de franchir le pas et se rend en Tunisie pour rencontrer son compagnon. Ce voyage est, selon ses dires, une véritable révélation. « Ça a été un coup de foudre incroyable. On ne pouvait plus se quitter », confie-t-elle. Accueillie comme un membre de la famille, elle décide alors d’officialiser leur relation par le mariage.
Toutefois, ce projet ne se déroule pas sans embûches. Dès qu’elle entame les démarches pour organiser la cérémonie en France, les autorités locales expriment de vives réserves. La maire de Montpont-en-Bresse, Anne Trontin, a d’abord refusé d’acter cette union, estimant que tous les éléments étaient réunis pour soupçonner un mariage blanc. L’écart d’âge de 40 ans, le statut irrégulier de Fadi, et l’absence de perspectives professionnelles en France font peser un doute légitime sur les réelles motivations du couple.
Mariage blanc : un député se met de la partie
Eric Michoux, député de la 4e circonscription de Saône-et-Loire, partage ses préoccupations. « Nous parlons ici d’une situation qui défie toute logique. Comment ne pas penser qu’il s’agit d’un arrangement ? Fadi est un jeune homme sans papiers, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Tout laisse à croire qu’il cherche à régulariser sa situation par ce mariage », martèle-t-il. Malgré cette levée de boucliers politique, Danielle persiste et signe. « Je suis militante pour Marine Le Pen, mais j’épouse un Tunisien sincère, franc et honnête. Et lui aussi aime Marine Le Pen », affirme-t-elle avec ferveur.
Face à la pression exercée par la municipalité, le dossier a été transmis au procureur de la République. Après analyse, ce dernier a décidé de ne pas s’opposer à l’union, permettant ainsi aux futurs époux de maintenir leur projet. Danielle, soulagée, savoure cette victoire. « Ça fait depuis le mois d’octobre qu’on essaye de se marier. Maintenant, tout est prêt : ma robe est achetée, mon bouquet aussi. Il n’y a plus d’obstacles. »
Dans ce contexte tendu, l’événement divise profondément la communauté locale. Pour certains habitants, il ne s’agit que d’une affaire privée qui ne devrait pas être soumise au jugement de la mairie ou des politiciens. D’autres, en revanche, dénoncent un paradoxe troublant : une militante du Rassemblement National, parti prônant une politique stricte sur l’immigration, qui épouse un homme dont la situation est en totale contradiction avec ces principes.
Quoi qu’il en soit, sauf retournement de dernière minute, le mariage de Danielle et Fadi sera célébré ce samedi 29 mars à Montpont-en-Bresse. Reste à savoir si cette union controversée sera un véritable conte de fées ou un nouvel épisode des débats houleux sur la question des mariages de complaisance en France.
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