Mariage en Algérie : un imam provoque un tollé 

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Une vidéo de l’imam Moussa Azzouni a récemment enflammé les réseaux sociaux en Algérie, créant un véritable débat autour des conditions requises pour qu’un jeune homme puisse prétendre au mariage. Dans cet extrait, largement partagé sur diverses plateformes, l’imam affirme catégoriquement qu’il ne marierait pas sa fille à un homme qui ne possède ni emploi ni logement. « Je vais vous dire deux choses : celui qui ne travaille pas et celui qui n’a pas de logement, ne leur donnez pas vos filles », déclare-t-il dans un ton affirmatif qui n’a pas manqué de provoquer des réactions.

Rapidement, cette déclaration sur le mariage en Algérie a suscité une vague d’indignation parmi de nombreux internautes, notamment ceux qui estiment que les exigences avancées par l’imam rendent le mariage encore plus difficile dans un contexte économique déjà compliqué. Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer un discours qui, selon elles, contribuerait à creuser davantage l’écart entre les jeunes désireux de se marier et la réalité du terrain, où le chômage et la crise du logement demeurent des obstacles majeurs pour de nombreux Algériens. Certains ont pointé du doigt une forme de rigidité sociale qui accentuerait les difficultés des jeunes hommes à trouver une épouse, tandis que d’autres ont exprimé leur déception face à une vision jugée trop pragmatique et déconnectée de la situation réelle de la majorité des jeunes dans le pays.

Cependant, l’opinion publique est loin d’être unanime sur cette question. En parallèle aux critiques, une autre partie des internautes a pris la défense de l’imam Moussa Azzouni, affirmant que son conseil était avant tout une question de responsabilité et de bon sens. Selon eux, un homme qui n’a pas de stabilité financière ni de toit ne devrait pas s’engager dans un mariage, une institution qui implique des responsabilités aussi bien matérielles qu’émotionnelles. Pour ces partisans, les propos de l’imam ne font que refléter une réalité incontournable : un foyer ne peut être bâti sur des incertitudes économiques. Certains ont même rappelé que, dans la tradition, il était courant d’exiger du futur mari un minimum de garanties pour assurer une vie décente à son épouse et à sa future famille.

Face à l’ampleur du tollé provoqué par sa déclaration, l’imam Moussa Azzouni a décidé de réagir afin de clarifier sa position. Il a expliqué que ses propos avaient été sortis de leur contexte et qu’ils faisaient partie d’une discussion plus large lors d’une conférence où plusieurs thématiques avaient été abordées. Il a notamment précisé que la vidéo en question n’était pas récente, ayant été enregistrée plusieurs mois auparavant, et qu’elle ne reflétait pas toute la complexité de son message.

L’imam a tenu à souligner qu’il n’était pas opposé au mariage des jeunes hommes qui vivent encore chez leurs parents, affirmant qu’il comprenait parfaitement les réalités socio-économiques que traverse le pays. Il a même ajouté qu’il encourageait souvent les jeunes couples à débuter leur vie maritale au sein de la famille élargie, une pratique courante en Algérie, avant d’acquérir leur propre logement. Pour lui, son message initial visait avant tout à inciter à la responsabilité et à la préparation avant de s’engager dans une vie conjugale, et non pas à décourager le mariage des jeunes.

Malgré ses explications, la polémique continue d’alimenter les discussions en ligne. Certains estiment que les propos de l’imam restent problématiques car ils véhiculent une image idéalisée du mariage, difficilement atteignable pour de nombreux jeunes en Algérie. D’autres considèrent que cette controverse est révélatrice d’un problème plus profond, où les exigences traditionnelles en matière de mariage entrent en conflit avec les réalités économiques actuelles.

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