Un nouveau dysfonctionnement vient ternir l’expérience de certains voyageurs algériens souhaitant réserver des billets Air France au départ de l’Algérie. Depuis plusieurs jours, des clients signalent des difficultés persistantes lors du paiement en ligne en dinar algérien, un problème qui oblige certains d’entre eux à revoir leurs plans ou à supporter des frais supplémentaires inattendus.
Selon plusieurs témoignages recueillis par la rédaction de DNAlgérie, le blocage intervient au moment du règlement sur le site officiel de la compagnie française. Alors que le paiement par carte bancaire algérienne fonctionnait auparavant sans encombre pour les vols au départ d’Alger, Oran ou Constantine, la procédure semble aujourd’hui restreinte à l’usage de cartes Visa ou Mastercard internationales, excluant de facto certaines cartes locales.
Katia, une Algérienne résidant en région parisienne, raconte sa mésaventure avec une certaine incompréhension. Habituée à voyager régulièrement entre la France et l’Algérie, elle affirme n’avoir jamais rencontré ce type de difficulté auparavant. Cette fois-ci, en tentant de réserver un aller-retour Alger–Paris, le système de paiement lui a imposé l’utilisation d’une carte Visa ou Mastercard. Malgré une tentative avec sa carte bancaire algérienne, la transaction a été refusée. « J’ai pris à maintes reprises des vols Air France au départ de l’Algérie et j’ai pu payer normalement avec ma carte algérienne. Mais là, impossible », confie-t-elle. Face aux alternatives proposées — paiement via le call center ou en agence — elle découvre qu’un supplément de 3 000 dinars est exigé. Refusant ce surcoût, elle a finalement opté pour un billet auprès d’Air Algérie.
Un autre témoignage va dans le même sens. Sara, titulaire d’un visa long séjour en France, explique avoir été contrainte de passer par le centre d’appels pour finaliser son achat. « J’ai dû appeler le call center et payer 3 000 dinars de plus pour avoir mon billet Air France. C’est contraignant », déplore-t-elle. Pour cette voyageuse, le problème n’est pas seulement financier, mais aussi pratique, dans un contexte où de nombreux clients privilégient les réservations en ligne pour leur rapidité et leur simplicité.
Ce type de situation soulève plusieurs interrogations, notamment sur la politique de paiement d’Air France en Algérie et sur la compatibilité réelle des cartes bancaires locales avec les plateformes de réservation internationales. Le paiement en dinar algérien est pourtant un argument régulièrement mis en avant par les compagnies étrangères opérant sur le marché algérien, afin de s’adapter aux spécificités locales et de faciliter l’accès aux billets pour les résidents.
Pour les voyageurs concernés, ce dysfonctionnement donne le sentiment d’un recul par rapport aux pratiques antérieures. Beaucoup rappellent qu’ils ont longtemps pu régler leurs billets en ligne sans difficulté, y compris avec des cartes émises par des banques algériennes. L’apparition soudaine de cette contrainte, sans communication claire de la part de la compagnie, alimente frustration et incompréhension.
Au-delà des cas individuels, ce couac pourrait avoir un impact plus large sur les choix des passagers. Dans un marché aérien marqué par une forte concurrence sur les liaisons entre l’Algérie et la France, la fluidité du parcours client joue un rôle déterminant. Lorsqu’un paiement devient compliqué ou plus coûteux, certains voyageurs n’hésitent pas à se tourner vers d’autres compagnies offrant des conditions jugées plus simples et plus transparentes.
Pour l’heure, Air France n’a pas communiqué officiellement sur l’origine de ces blocages ni sur leur caractère temporaire ou durable. S’agit-il d’un problème technique, d’une mise à jour du système de paiement ou d’un changement dans les conditions commerciales appliquées en Algérie ? En l’absence d’explication, les clients restent dans l’expectative et doivent souvent improviser pour finaliser leurs réservations.
En attendant un éventuel retour à la normale, les voyageurs algériens souhaitant voler avec Air France se retrouvent confrontés à un choix peu satisfaisant : accepter de payer des frais supplémentaires via une agence ou un centre d’appels, ou se tourner vers une autre compagnie. Une situation qui, pour beaucoup, contraste avec les standards actuels du transport aérien, où la digitalisation est censée simplifier, et non compliquer, l’acte d’achat.
