Paris : le coup de maitre d’un avocat algérien

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Le Tribunal administratif de Paris a annulé, le 13 octobre 2026, le refus implicite de titre de séjour opposé par le préfet de police de Paris à un ressortissant égyptien. Cette décision a été obtenue grâce à l’intervention de Me Fayçal Megherbi, avocat algérien inscrit au barreau de Paris. Les juges ont sanctionné le défaut de motivation de l’administration, qui n’avait pas communiqué les raisons de son refus dans le délai légal.

L’affaire met en lumière les obligations qui s’imposent aux préfectures dans le traitement des demandes de régularisation. Lorsqu’un étranger sollicite la communication des motifs d’un refus implicite de séjour dans les conditions prévues par la loi, l’administration est tenue de répondre à cette demande. Son silence peut alors être contesté devant la justice administrative.

Selon une contribution transmise par Me Fayçal Megherbi à la rédaction de DNAlgérie, le ressortissant égyptien, désigné sous l’anonymat de M. X., avait déposé une demande de titre de séjour durant l’été 2025. En l’absence de réponse de la préfecture de police de Paris à l’issue du délai légal de quatre mois, une décision implicite de rejet était née.

Face à cette situation, le demandeur a entrepris, par l’intermédiaire de son avocat, des démarches pour connaître les raisons de ce refus. Il a formellement sollicité la communication des motifs de la décision, conformément aux dispositions du Code des relations entre le public et l’administration qui encadrent cette procédure.

La préfecture n’ayant pas répondu dans le délai d’un mois prévu par la réglementation, le litige a été porté devant le tribunal administratif. Les juges ont rappelé qu’un refus de titre de séjour constitue une mesure de police administrative soumise à une obligation de motivation lorsque l’intéressé demande, dans les délais requis, la communication des raisons de la décision implicite.

Le défaut de réponse de l’administration a ainsi conduit à l’annulation du rejet contesté. Cette décision constitue une victoire judiciaire pour le ressortissant égyptien et son conseil, mais sa portée doit être précisée : le tribunal a sanctionné un manquement procédural de la préfecture. Il n’a pas pour autant accordé définitivement un titre de séjour au demandeur.

La juridiction a également fixé des obligations précises à l’administration pour la suite du dossier. Le préfet de police de Paris doit procéder à un nouvel examen de la demande de séjour dans un délai de trois mois à compter de la notification de l’ordonnance. La préfecture devra donc réétudier la situation de l’intéressé et prendre une nouvelle décision à l’issue de cette instruction.

En attendant, les juges ont ordonné la délivrance immédiate d’une autorisation provisoire de séjour. Ce document permettra au ressortissant égyptien de demeurer régulièrement sur le territoire français pendant le réexamen de sa demande. Cette mesure vise à encadrer sa situation administrative durant la période nécessaire à la reprise de l’instruction, sans préjuger de l’issue définitive de sa démarche.

La décision comporte également un volet financier. L’État a été condamné à verser 1 000 euros au requérant au titre des frais de justice engagés dans le cadre de cette procédure. Cette somme vient s’ajouter aux mesures ordonnées par le tribunal concernant le réexamen de son dossier et la délivrance d’une autorisation provisoire de séjour.

Cette affaire rappelle que le silence d’une préfecture ne la dispense pas de respecter les garanties procédurales prévues par la législation française. Lorsqu’une demande de communication des motifs d’un refus implicite est présentée dans les conditions légales, l’administration doit s’y conformer. Le non-respect de cette obligation peut conduire le juge administratif à annuler la décision contestée et à imposer de nouvelles démarches à l’administration.

Pour Me Fayçal Megherbi, cette procédure a donc permis d’obtenir l’annulation du refus implicite et des mesures destinées à garantir un nouvel examen de la situation de son client. Pour le ressortissant égyptien, la prochaine étape sera celle du réexamen de sa demande par la préfecture de police de Paris. L’issue de cette nouvelle instruction déterminera si sa situation peut finalement déboucher sur la délivrance d’un titre de séjour.