Pour une simple légalisation, le Consulat d’Espagne à Alger fait galérer les Algériens

Consulat Espagne Alger

Le Consulat d’Espagne à Alger suscite la frustration de nombreux Algériens qui cherchent à légaliser des documents officiels pour des proches résidant en Espagne. Après avoir supprimé les rendez-vous, le consulat a été pris d’assaut, notamment à la suite de l’annonce de la régularisation de 500 000 personnes en Espagne. Cette mesure a incité de nombreux Algériens à se précipiter pour légaliser le casier judiciaire de leurs proches, un document déjà délivré par la cour et légalisé par le ministère des Affaires étrangères, mais qui nécessite une seconde légalisation obligatoire au consulat espagnol.

Face à l’afflux de demandes, le consulat a réintroduit les rendez-vous le 12 février dernier. Cependant, la réactivité du service reste largement insuffisante, provoquant des situations de stress et d’incertitude pour les demandeurs. D’après des témoignages recueillis par la rédaction de DNAlgérie, les rendez-vous sont distribués de manière inégale, laissant certaines personnes attendre indéfiniment. Samir, qui tente de légaliser le casier judiciaire de son frère se trouvant à Alicante, témoigne : « Des personnes que j’ai aidées à demander un rendez-vous par mail en ont obtenu un, mais pas moi. »

Le problème ne se limite pas à l’obtention du rendez-vous. Même une fois la date fixée, les demandeurs doivent patienter plusieurs jours avant de récupérer leurs documents. Rachid, qui cherche à légaliser les documents de sa sœur et de quelques membres de sa famille vivant en Espagne, explique : « En plein Ramadan, on se retrouve contraints d’attendre sans savoir quand le rendez-vous nous sera fixé et le pire dans l’histoire, c’est qu’on ne nous remet pas le document le jour même, mais une semaine plus tard. Donc cela implique deux déplacements à Alger pour un simple cachet. » Ces difficultés révèlent une organisation qui peine à absorber le volume de demandes et à assurer un service fluide et rapide.

Cette situation illustre le dilemme auquel sont confrontés de nombreux Algériens ayant des liens familiaux ou administratifs avec l’Espagne. La nécessité de légaliser des documents tels que les casiers judiciaires est une étape incontournable pour les régularisations, les regroupements familiaux ou d’autres démarches administratives, mais le manque de réactivité du consulat transforme cette procédure simple en un véritable parcours du combattant. Les témoignages montrent que la frustration ne vient pas seulement de l’attente, mais également du fait que les citoyens doivent se déplacer plusieurs fois à Alger, ce qui représente un coût en temps, en argent et en énergie, surtout pendant le mois de Ramadan.

La situation révèle aussi un problème plus large : le consulat semble mal équipé pour gérer un afflux massif de demandes à la fois imprévisible et urgent. Malgré la réintroduction des rendez-vous, l’organisation reste insuffisante et les usagers se sentent souvent laissés à eux-mêmes, devant jongler entre mails, appels et déplacements sans aucune garantie de rapidité ou de prévisibilité.

Ainsi, la légalisation des documents pour l’Espagne à Alger, qui devrait être une formalité administrative, devient une source de stress et de difficultés pour de nombreuses familles. Entre les rendez-vous difficiles à obtenir et la remise différée des documents, les Algériens se trouvent contraints de planifier plusieurs déplacements et de subir une incertitude prolongée, transformant ce qui devrait être une simple formalité en un véritable casse-tête bureaucratique.

Cette situation met en lumière la nécessité d’une meilleure organisation et d’une gestion plus efficace du flux de demandes, afin de permettre aux citoyens de mener à bien leurs démarches dans des conditions raisonnables et sans pénaliser inutilement les familles déjà concernées par des démarches longues et sensibles.