La fête de Yennayer est célébrée pour marquer le Nouvel An amazigh, une tradition ancestrale profondément ancrée dans l’histoire et la culture de l’Afrique du Nord, notamment en Algérie. Elle symbolise à la fois le renouveau, l’attachement à la terre, la mémoire collective et la continuité d’une civilisation millénaire.
Yennayer correspond au premier jour de l’année agricole amazighe, un calendrier qui remonte à plus de 2 900 ans. Il est lié aux cycles de la nature, aux saisons et aux travaux des champs. À l’origine, cette date servait de repère pour organiser les semailles, les récoltes et l’ensemble de la vie rurale. C’est donc avant tout une fête agraire, associée à l’espoir d’une année prospère, de bonnes récoltes et d’abondance.
Sur le plan historique, l’an amazigh commence symboliquement en 950 avant J.-C., année qui correspond à l’accession au trône d’Égypte du roi amazigh Chachnaq Ier. Cette référence historique donne à Yennayer une dimension identitaire forte, car elle rappelle la présence ancienne et structurante des Amazighs dans l’histoire de la région.
Les célébrations de Yennayer prennent des formes diverses selon les régions, mais elles partagent toutes un même esprit de convivialité et de partage. Les familles se réunissent autour de plats traditionnels préparés spécialement pour l’occasion, comme le couscous, le berkoukes ou d’autres mets symbolisant l’abondance. On y intègre souvent des fruits secs, des légumineuses ou un mélange de céréales, en signe de prospérité. Dans certaines traditions, des rituels sont accomplis pour attirer la chance et éloigner les mauvais présages.
Au-delà de l’aspect festif, Yennayer est aussi un moment de transmission culturelle. Les anciens racontent aux plus jeunes des récits, des proverbes et des pratiques héritées du passé. Cette fête renforce ainsi le lien entre les générations et participe à la préservation de la langue, des coutumes et de la mémoire amazighes.
En Algérie, la reconnaissance officielle de Yennayer marque une étape importante. Depuis 2018, le 12 janvier est une journée chômée et payée, consacrée comme fête nationale. Cette décision traduit une volonté de l’État de reconnaître la diversité culturelle du pays et de consacrer Yennayer comme un élément fondamental de l’identité nationale algérienne, au même titre que les autres fêtes officielles.
Le choix du 12 janvier correspond au décalage entre le calendrier grégorien et le calendrier julien, sur lequel se base le calendrier amazigh. C’est pourquoi Yennayer tombe chaque année à cette date.
Aujourd’hui, Yennayer n’est plus seulement une fête amazighe au sens communautaire, mais une célébration partagée par l’ensemble des Algériens, toutes régions et sensibilités confondues. Elle incarne des valeurs universelles : la solidarité, le respect des racines, le vivre-ensemble et la fierté d’un héritage commun.
Fêter Yennayer, c’est donc célébrer l’histoire, la terre, la culture et l’unité dans la diversité, tout en ouvrant une nouvelle année sous le signe de l’espoir et du renouveau.