La loi de finances pour l’exercice 2026 a été officiellement publiée au Journal officiel algérien n° 88 en Algérie, marquant l’entrée en vigueur du budget de l’État à partir du 1ᵉʳ janvier 2026, après sa signature par le président de la République fin décembre 2025. Ce texte budgétaire, résultat de plusieurs mois de débats et d’arbitrages, fixe les grandes lignes de la politique économique et financière du pays pour l’année à venir, avec des chiffres qui soulignent une ambition forte malgré un contexte économique mondial incertain.
Pour l’année 2026, les recettes budgétaires de l’État sont établies à environ 8 009 milliards de dinars algériens. Cela représente les ressources que l’État prévoit de mobiliser à travers les impôts, taxes, revenus des hydrocarbures et autres entrées financières, en s’appuyant notamment sur un prix de référence du baril de pétrole fixé à 60 USD pour déterminer les recettes liées aux hydrocarbures.
Du côté des dépenses, le budget alloué à l’ensemble des missions de l’État atteint 17 636 milliards de dinars, une enveloppe record dans l’histoire récente de la finance publique algérienne. Cette somme, qui représente plus du double des recettes estimées, traduit une politique budgétaire volontariste visant à soutenir l’activité économique, renforcer les investissements publics et maintenir des dépenses sociales importantes.
Ce niveau de dépenses fait de la loi de finances 2026 l’un des budgets les plus importants jamais adoptés par l’Algérie. En valeur absolue, il dépasse les 135 milliards de dollars américains au taux de change en vigueur estimé autour de cette période, ce qui place l’exercice 2026 dans une dimension de mobilisation financière très élevée par rapport aux années précédentes.
La structure de ce budget révèle plusieurs orientations majeures. Une part significative est consacrée à la soutenance du pouvoir d’achat des citoyens grâce à des exonérations fiscales et douanières sur des produits de large consommation, telles que l’huile brute de soja, le café et certaines catégories de viande, afin de limiter l’impact de l’inflation sur les ménages. ConformePro Ces mesures s’inscrivent dans une logique de protection sociale face à la volatilité des prix et aux défis économiques internes.
Les dépenses publiques engagées incluent également des transferts sociaux, des subventions à des établissements publics et des allocations à la population, reflétant la priorité accordée à la justice sociale et à la continuité des services publics essentiels. Ces choix budgétaires montrent que le gouvernement privilégie une politique de relance fondée sur la consommation interne et le soutien à l’activité économique plutôt que sur l’austérité.
Malgré l’ampleur des dépenses, le budget 2026 a été élaboré dans un cadre de prudence macroéconomique, notamment vis‑à‑vis des recettes pétrolières, qui restent exposées à la fluctuation des prix internationaux. En fixant une hypothèse de baril à 60 USD, les autorités cherchent à assurer une certaine marge de sécurité budgétaire en cas de retournement du marché pétrolier, tout en tirant parti d’une possible hausse jusqu’à 70 USD selon les prévisions de marché.
L’adoption de ce budget s’inscrit aussi dans une stratégie de diversification économique, en renforçant les secteurs non‑hydrocarbures qui connaissent une croissance qualitative. L’objectif affiché est de réduire progressivement la dépendance aux hydrocarbures, secteur traditionnellement dominant, et d’encourager l’investissement dans des domaines variés tels que l’agriculture, l’industrie, l’énergie renouvelable ou les technologies.
Ce budget pour 2026 n’est pas uniquement une liste de chiffres : il incarne une orientation politique et stratégique. À travers les crédits alloués, les exonérations fiscales prévues et les politiques de soutien à l’économie, l’État algérien cherche à consolider une dynamique de croissance équilibrée, tout en répondant aux attentes sociales d’un pays en quête de stabilité et de prospérité. La capacité à mobiliser des ressources internes, à maîtriser les dépenses publiques et à encourager une croissance plus inclusive sera déterminante pour évaluer l’efficacité de ces orientations tout au long de l’année.
Ainsi, le budget de l’Algérie pour 2026, avec près de 17 636 milliards de dinars de dépenses et 8 009 milliards de dinars de recettes, reflète une ambition forte de transformation économique et de réponse aux défis sociaux, tout en maintenant une stratégie budgétaire ambitieuse dans un contexte économique mondial complexe.