Quel est le prix de 100 euros en dinars algériens sur le marché noir aujourd’hui ?

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À la veille du Ramadan 2026 en Algérie, le marché parallèle des devises connaît un mouvement remarqué. Ce 18 février, au Square Port-Saïd, l’euro enregistre une baisse significative face au dinar algérien, repassant nettement sous la barre symbolique des 280 dinars. Un seuil psychologique qui, ces dernières semaines, semblait pourtant solidement ancré dans les échanges informels. Quel est donc le prix de 100 euros en dinars algériens sur le marché noir aujourd’hui ?

Dans les transactions observées ce mercredi, la monnaie unique européenne s’échange à 276 dinars à l’achat et à 279 dinars à la vente. En pratique, un billet de 100 euros se négocie ainsi entre 27 600 et 27 900 dinars. Cette correction représente un recul notable par rapport aux niveaux atteints récemment, où l’euro se rapprochait voire dépassait les 280 dinars sur le marché noir.

Ce repli intervient dans un contexte bien particulier. À la veille du mois sacré, les habitudes économiques changent sensiblement. Le Ramadan est traditionnellement marqué par une baisse des déplacements à l’étranger. Les familles privilégient la stabilité, la vie domestique et les rassemblements locaux. Les voyages touristiques ou professionnels tendent à diminuer, ce qui réduit mécaniquement la demande en devises étrangères, notamment en euros, très sollicités pour les séjours en Europe.

La baisse de la pression acheteuse se répercute donc directement sur les cours pratiqués par les cambistes. Sur un marché informel où l’offre et la demande dictent immédiatement les prix, la moindre variation du volume des transactions peut provoquer des ajustements rapides. Certains observateurs estiment ainsi que le recul actuel est essentiellement conjoncturel et lié au calendrier religieux.

L’euro n’est toutefois pas la seule devise concernée. Le dollar américain enregistre lui aussi une baisse sensible. Ce 18 février, le billet vert s’échange autour de 234 dinars à l’achat et 236 dinars à la vente au Square Port-Saïd. Là encore, la tendance est orientée à la baisse depuis le début du mois de février. La demande en dollars, souvent liée aux importations informelles ou à certains paiements internationaux, semble également marquer le pas.

En parallèle, les taux officiels publiés par la Banque d’Algérie affichent une stabilité relative. L’euro y est coté à 153,48 dinars algériens, tandis que le dollar américain s’établit à 129,66 dinars. L’écart entre ces taux et ceux pratiqués sur le marché parallèle reste considérable.

Il convient toutefois de préciser un point essentiel : le marché officiel des changes est un marché interbancaire. Il concerne principalement les transactions entre banques et institutions financières dans un cadre réglementé. Les particuliers n’y ont pas un accès libre et direct pour acheter des devises au taux affiché. En pratique, les citoyens ne peuvent obtenir que des allocations limitées et encadrées pour certains motifs précis, comme les voyages à l’étranger. Cette restriction structurelle explique en grande partie la vitalité du marché parallèle, qui demeure la principale source d’approvisionnement en devises pour de nombreux particuliers.

Le différentiel entre le taux officiel et le taux du Square Port-Saïd alimente ainsi un système dual bien installé. Tant que l’accès aux devises via le circuit bancaire restera restreint, le marché informel continuera de jouer un rôle central dans l’économie quotidienne, malgré son caractère non réglementé.

À court terme, l’évolution des cours dépendra de plusieurs facteurs. La demande durant le Ramadan, l’approche de la saison estivale, les flux liés à la diaspora ou encore les anticipations économiques peuvent influencer les prix. Si la baisse actuelle est principalement saisonnière, elle pourrait être temporaire. En revanche, un rééquilibrage plus durable entre offre et demande pourrait stabiliser les niveaux sous le seuil des 280 dinars pour l’euro.

En attendant, la veille du Ramadan 2026 marque un tournant symbolique. L’euro et le dollar reculent sur le marché parallèle, offrant un léger répit aux acheteurs de devises. Mais l’écart persistant avec le marché interbancaire officiel rappelle que la question du change reste un enjeu structurel majeur dans l’économie algérienne.