L’attente fiévreuse qui précède chaque année le mois sacré du Ramadan vient de laisser place à une certitude partagée pour des millions de fidèles à travers le monde, et plus particulièrement en France et en Arabie saoudite. En ce mardi 17 février 2026, les regards étaient tournés vers le ciel et les instances religieuses pour déterminer le lancement de ce mois de piété, de partage et de recueillement. La nouvelle est désormais officielle : le premier jour du Ramadan 1447 de l’hégire débutera ce mercredi 18 février 2026. Cette décision, bien que suspendue aux observations lunaires jusqu’aux dernières lueurs du jour, unit cette année plusieurs zones géographiques majeures dans un même élan spirituel.
En Arabie saoudite, berceau de l’Islam, la Cour suprême a confirmé l’observation du nouveau croissant lunaire dès ce mardi après-midi. Cette annonce a immédiatement donné le signal du départ pour le royaume, où les préparatifs dans les villes saintes de La Mecque et de Médine atteignent leur apogée. Pour les pèlerins présents sur place, cette confirmation transforme l’atmosphère des lieux saints en un théâtre de dévotion intense, marquant le début des prières de Tarawih dès ce soir. Le royaume saoudien, par son autorité religieuse et sa position géographique, reste un point de repère essentiel pour une vaste partie de la communauté musulmane mondiale, influençant souvent le calendrier de nombreux autres pays.
En France, la situation a connu un dénouement rapide lors de la traditionnelle Nuit du Doute. Réunie à la Grande Mosquée de Paris, la commission religieuse composée de représentants des différentes fédérations musulmanes a officiellement annoncé que le premier jour du mois sacré sera également le mercredi 18 février 2026. Cette décision est d’autant plus marquante qu’elle s’écarte des prévisions initiales de certains organismes comme le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui tablait sur le jeudi 19 février sur la base de calculs astronomiques préalables. En privilégiant l’observation visuelle directe du croissant de lune, la Grande Mosquée de Paris renoue avec une tradition séculaire, créant une unité de date bienvenue pour les musulmans de l’Hexagone qui débuteront donc leur jeûne en même temps que leurs coreligionnaires saoudiens.
Cette synchronisation entre Riyad et Paris apporte une certaine sérénité dans l’organisation des foyers. Dès l’annonce tombée, l’effervescence s’est emparée des quartiers et des familles. Les préparatifs culinaires s’accélèrent, les agendas professionnels s’ajustent et les mosquées se préparent à accueillir une affluence record pour les prières nocturnes. Le Ramadan n’est pas seulement une épreuve physique de privation ; c’est un rendez-vous annuel avec la solidarité et la patience. C’est une période où le temps semble ralentir durant la journée pour s’animer à la rupture du jeûne, créant un cycle de vie unique qui durera 29 ou 30 jours, selon la prochaine observation lunaire qui annoncera l’Aïd el-Fitr.
Toutefois, la carte du monde musulman reste nuancée. Si la France et l’Arabie saoudite s’accordent sur le mercredi, d’autres nations ont maintenu la date du jeudi 19 février. C’est le cas du Sultanat d’Oman, de l’Indonésie, de la Turquie ou encore de l’Australie, où le croissant n’a pas pu être aperçu ou dont les critères astronomiques diffèrent. Ces décalages, loin d’être des signes de division, témoignent de la richesse et de la diversité des interprétations au sein d’une foi qui s’adapte aux réalités locales et aux fuseaux horaires. En Algérie, la commission des croissants lunaires du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs, réunie ce mardi soir, devait également apporter sa confirmation finale, s’alignant probablement sur une observation concordante avec la région méditerranéenne.