À l’approche du mois de Ramadan, le calendrier religieux des musulmans de France commence à se dessiner avec davantage de clarté. Le Conseil français du culte musulman a annoncé, ce lundi 2 février 2026, que le début du mois sacré est attendu pour le jeudi 19 février 2026, sous réserve de la confirmation officielle qui interviendra après l’observation du croissant lunaire. Cette estimation s’appuie sur les calculs astronomiques indiquant que la conjonction de la nouvelle lune aura lieu le mardi 17 février à 13 h 01, heure de Paris, tandis que les conditions de visibilité ne seraient réunies que le lendemain.
Sur cette base, le CFCM estime que le jeûne du mois de Ramadan de l’année 1447 de l’Hégire devrait s’étendre jusqu’au vendredi 20 mars 2026, date pressentie pour la célébration de l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du mois de jeûne. Comme chaque année, ces annonces anticipées visent à permettre aux fidèles de s’organiser, tant sur le plan personnel que professionnel, dans un contexte où la pratique religieuse s’inscrit dans un quotidien rythmé par les contraintes de la vie moderne.
La décision définitive reste néanmoins suspendue à la nuit du doute, moment clé du calendrier musulman. En France, la commission religieuse de la Grande Mosquée de Paris se réunira le mardi 17 février à partir de 18 heures pour observer le croissant lunaire et statuer officiellement sur le début du Ramadan. Cette instance, dont les annonces sont suivies par une large majorité des musulmans du pays, affirme maintenir cette tradition afin de préserver l’unité et la cohérence du culte, tout en tenant compte des avancées scientifiques. Une démarche similaire est prévue en Algérie, où le ministère des Affaires religieuses a également fixé la nuit du doute au 17 février 2026.
Au-delà des dates, le Ramadan occupe une place centrale dans la vie spirituelle des musulmans. Neuvième mois du calendrier hégirien, il commémore la révélation du Coran au prophète Mohammed. Durant cette période, les fidèles observent le jeûne quotidien du lever à la tombée de la nuit, s’abstenant de manger, de boire et de toute relation conjugale, mais aussi de comportements jugés nuisibles, tels que la colère, la médisance ou le mensonge. Le jeûne, appelé « sawm », constitue l’un des cinq piliers de l’islam, aux côtés de la profession de foi, de la prière, de l’aumône et du pèlerinage à La Mecque.
Le Ramadan ne se limite toutefois pas à la privation alimentaire. Il est avant tout un temps de recentrage spirituel, de prière accrue et de lecture du Coran. Les soirées sont souvent rythmées par les prières spécifiques dites « tarawih », accomplies après la prière du soir, tandis que les repas de rupture du jeûne, l’iftar, deviennent des moments de partage familial et de solidarité. De nombreuses associations profitent de cette période pour intensifier les actions caritatives, en particulier à destination des personnes les plus démunies.
En France, où l’islam est la deuxième religion du pays, le Ramadan revêt également une dimension sociale particulière. Il s’inscrit dans un environnement laïque, parfois marqué par des débats sur la visibilité du fait religieux, mais demeure pour des millions de fidèles un moment d’apaisement et de cohésion. Le CFCM, dans son communiqué, a d’ailleurs adressé ses vœux à l’ensemble des musulmans, leur souhaitant un mois placé sous le signe du recueillement, de la quiétude, de la solidarité et du partage.
À mesure que la date approche, l’attention se tourne désormais vers la confirmation officielle issue de l’observation lunaire. Un rituel ancestral qui, malgré les outils modernes de calcul astronomique, continue de rythmer le temps religieux et de rappeler l’importance du lien entre foi, tradition et communauté.