Face à la multiplication des incidents et des disparitions en zone montagneuse, les autorités algériennes renforcent la réglementation encadrant les randonnées en Algérie, particulièrement en période de neige. La Conservation des forêts et la Protection civile insistent sur la nécessité d’une coordination stricte avec les services compétents avant toute excursion, afin d’éviter que des randonnées se transforment en drames.
Le danger est réel dans les massifs de l’Aurès et de l’Atlas blidéen, où les conditions hivernales peuvent rapidement devenir extrêmes. Ces dernières semaines, plusieurs randonneurs se sont égarés dans des zones reculées, nécessitant des interventions complexes des équipes de secours. La Conservation des forêts de la wilaya de Batna a donc émis une mise en garde officielle à destination des associations de tourisme de montagne et des amateurs d’aventure. L’organisation de sorties en période de neige sans autorisation préalable ni coordination avec la Gendarmerie nationale ou les agents forestiers est désormais considérée comme une menace directe pour la vie des participants.
Selon le communiqué officiel de la conservation de Batna, les sentiers forestiers peuvent devenir des pièges glissants sous la neige ou le verglas. Les risques de chute dans des ravins, d’éboulements ou même d’avalanches sont accentués par l’absence de signal téléphonique dans ces zones reculées. « L’absence de réseau rend toute demande de secours impossible en cas d’accident ou d’égarement », souligne le texte, rappelant que les opérations de sauvetage en hiver sont particulièrement périlleuses pour les secouristes.
Les incidents récents illustrent parfaitement ces dangers. À Batna, quatre jeunes randonneurs ont dû être secourus sur les hauteurs du mont Condorsi, l’un d’eux ayant été blessé à la jambe et évacué vers l’hôpital dans un état stable. À Blida, une vaste opération de recherche était en cours pour retrouver trois personnes disparues dans la zone de Dhaya, à Mouzaïa, où les équipes de protection civile luttent contre le froid et les terrains escarpés pour localiser les jeunes disparus.
Pour prévenir de telles situations, la Conservation des forêts a fixé trois obligations strictes pour toute randonnée hivernale organisée par les associations : il est désormais impératif de déclarer préalablement chaque sortie en précisant l’itinéraire exact, le nombre de participants, ainsi que l’heure de départ et l’heure prévue de retour. Le respect des consignes des agents forestiers et des services de sécurité devient également obligatoire pour accéder aux massifs, afin de permettre une intervention rapide et efficace en cas d’imprévu.
Les autorités insistent sur le fait que ces mesures ne visent pas à restreindre la pratique de la randonnée, mais à encadrer les activités dans un environnement devenu particulièrement hostile en hiver. Elles rappellent aux randonneurs que la préparation et la prudence sont essentielles, et qu’une bonne organisation peut faire la différence entre une sortie réussie et une situation dangereuse. La sécurité dans les montagnes algériennes dépend désormais autant de la vigilance des participants que de l’efficacité des services de protection civile et forestiers.