Refus de l’Algérie de reprendre les OQTF : Tebboune précise

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Lors d’une récente interview avec les médias algériens, le président Abdelmadjid Tebboune a abordé la question sensible des Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) et les raisons pour lesquelles l’Algérie a décidé de ne pas délivrer les laissez-passer consulaires pour certains ressortissants algériens concernés par ces mesures. Cette question, souvent utilisée en France pour critiquer la position de l’Algérie, notamment par l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a une répercussion directe sur les relations diplomatiques entre les deux pays.

Le président Tebboune a clairement exprimé que son refus est avant tout fondé sur un principe fondamental : le respect des droits des citoyens algériens, même lorsqu’ils sont sous la menace d’une expulsion. Il a souligné que ces ressortissants, pour la plupart, résident en France depuis de nombreuses années, parfois plus de dix ans, et qu’ils ont donc acquis un certain droit à la protection, même en cas de procédure d’expulsion. Selon lui, ces personnes ont des droits légaux qui doivent être respectés, et il est crucial qu’elles puissent avoir recours à la justice pour contester leur expulsion si elles le souhaitent. Il a précisé que même si une décision de la justice française ordonne leur renvoi, cela ne signifie pas que l’expulsion doit se faire sans garanties juridiques.

Le président a évoqué directement l’époque où Bruno Retailleau occupait le poste de ministre de l’Intérieur, en affirmant que sous sa direction, des expulsions sommaires avaient été organisées, et ce, sans respecter les procédures légales en vigueur. Tebboune a insisté sur le fait que les Algériens ne peuvent pas être embarqués dans un avion et renvoyés en Algérie sans avoir été correctement informés et sans qu’un recours judiciaire ne leur soit offert. Il a ajouté que l’Algérie ne peut pas accepter une approche qui considère les ressortissants algériens comme des objets à expulser sans tenir compte de leurs droits fondamentaux.

En outre, le président algérien a rappelé qu’il existe des accords bilatéraux entre l’Algérie et la France qui régissent de telles procédures d’expulsion. Ces accords stipulent que l’Algérie doit être informée de chaque expulsion, et que le consul algérien doit pouvoir intervenir pour s’assurer que les droits de ses ressortissants sont respectés. Le rôle du consul est de visiter les personnes concernées, de s’assurer que la procédure est en règle, et si tout est conforme, de signer le laissez-passer. Cela permet d’éviter des abus et de garantir que la procédure se déroule dans un cadre légal et transparent.

Pour le président Tebboune, le fait que l’Algérie renvoie des ressortissants expulsés de France n’est pas une question d’hostilité envers le pays voisin, mais plutôt une volonté de protéger la dignité de ses citoyens. Il a mis en garde contre toute tentative de vouloir « humilier ou ridiculiser l’Algérie », soulignant que l’Algérie n’acceptera jamais d’être traitée de manière dégradante dans des affaires diplomatiques. Selon lui, cette position est fondée sur le principe de la souveraineté nationale et le respect des droits humains, qui sont au cœur de la politique extérieure de son gouvernement.

Tebboune a également clarifié qu’il n’a jamais lié son appel, lancé en janvier 2026, aux jeunes Algériens en situation irrégulière à l’étranger, avec les OQTF. Cet appel, a-t-il précisé, visait simplement à aider les jeunes Algériens en difficulté à régulariser leur situation, mais il n’avait rien à voir avec les expulsions. Pour le président, ces deux sujets sont totalement distincts et ne doivent pas être confondus.

Ainsi, pour l’Algérie, le refus d’accueillir les OQTF ne découle pas d’une volonté de rompre les relations avec la France, mais plutôt d’une question de principes juridiques et humains. Il s’agit de garantir que les droits des ressortissants algériens soient respectés et que toute procédure d’expulsion se fasse dans le respect des conventions internationales et des accords bilatéraux.