Voyages et immigration – L’Algérie pourrait appliquer un confinement systématique à tous les voyageurs lors de la reprise des vols. C’est en tout cas ce qu’a proposé, hier mercredi, le Pr Noureddine Zidouni, spécialiste en pneumologie et chef de service au CHU de Beni Messous (Alger).

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La réouverture partielle des frontières algériennes entrera en vigueur à partir du 1er juin prochain. Dans ce sens, il y aura dans un premier temps cinq vols quotidiens à destination des aéroports d’Alger, de Constantine et d’Oran. La présidence de la République, qui a annoncé cette mesure dimanche dernier, a indiqué que le gouvernement allait communiquer l’ensemble des détails concernant cette opération d’ici la semaine prochaine au plus tard. La compagnie nationale Air Algérie, qui devrait effectuer ses vols, publiera son programme incessamment, a indiqué son porte-parole Amine Andaloussi avant-hier mardi.

En prévision de cette réouverture partielle des frontières, les autorités ont également prévu d’appliquer un protocole sanitaire strict au niveau des aéroports. Selon ce qu’a déclaré le ministre de la santé, Abderrahmane Benbouzid, les personnes voyageant depuis l’étranger devront fournir un test PCR réalisé moins de 36 heures avant leur embarquement, et subiront également un test antigénique à l’arrivée. Les personnes positives devraient observer une période d’isolement de 10 jours à leurs frais à l’issue de laquelle elles subiront un nouveau dépistage, a précisé le même responsable.

Vols vers l’Algérie : confinement pour tous les voyageurs ?

Toutefois, ces mesures seraient insuffisantes, estime le Pr Noureddine Zidouni qui a proposé d’étendre l’obligation de confinement à l’ensemble des voyageurs lors de la reprise des vols vers l’Algérie, et ce quels que soient les résultats de leur dépistage. « Il faut organiser les entrées et les sorties, à l’instar de tous les pays qui n’ont pas fermé leurs frontières », a-t-il notamment affirmé dans une déclaration au média en ligne TSA. Le Pr Zidouni, qui occupe le poste de chef de service de pneumologie au CHU de Beni Messous (Alger), a ainsi pointé du doigt ce qu’il a qualifié de « laxisme » dans l’application des mesures sanitaires aux frontières.

« Ce qui gêne chez nous,  ce n’est pas tant l’existence de lois ou de conduite à tenir ou de recommandations. C’est le laxisme que l’on observe au niveau de plusieurs niveaux d’intervention des services publics », a-t-il dit. « Il y a des Algériens qui sont bloqués depuis un an et demi ou deux ans, et on apprend que des employés étrangers (…) vont et viennent. Donc c’est comme si on n’avait pas fermé les frontières », a-t-il estimé. « Dans d’autres pays, quand des personnes arrivent chez eux, elles sont en confinement dix jours à leurs frais. Pourquoi ne le ferions-nous pas ? », s’est également interrogé le même spécialiste, qui estime qu’« on ne peut pas laisser quelqu’un qui vient d’une zone de très forte pandémie [sortir de l’aéroport] sous prétexte qu’il a un examen négatif ». « Il faut (…) un confinement de dix jours (…) comme le font les autres aéroports internationaux », a-t-il recommandé.

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