Depuis plusieurs mois, l’attente est devenue presque palpable dans les salles des professeurs et les établissements scolaires à travers le pays. Pour de nombreux enseignants, la question de la retraite anticipée n’est plus seulement un sujet de revendication syndicale, mais un horizon personnel scruté avec attention. Cette fois, le signal est clair : le compte à rebours est officiellement enclenché pour l’entrée en vigueur du dispositif dans le secteur de l’éducation.
L’information a été confirmée au plus haut niveau. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saïhi, a annoncé que le décret réglementaire fixant les modalités de la réduction de l’âge de départ à la retraite est désormais signé. Sa publication est attendue dans un délai maximal de deux semaines. Une échéance précise qui marque une étape décisive dans la concrétisation d’un engagement présidentiel très attendu par les enseignants, confrontés depuis des années à des conditions de travail exigeantes et à une pression professionnelle constante.
La confirmation est intervenue dans un cadre officiel, à l’issue d’un échange entre le ministre et des parlementaires lors d’une séance de questions orales à l’Assemblée populaire nationale. Le député Aâmar Maâmar, présent à cette rencontre, a fait savoir que le texte est prêt et ne nécessite plus que sa publication au Journal officiel pour devenir applicable. Pour les professionnels de l’éducation, cette annonce met fin à une longue période d’incertitude alimentée par les lenteurs administratives et les discussions techniques autour du contenu du décret.
Ce projet de réforme n’est pas né du jour au lendemain. Il est le résultat d’un parcours administratif dense, entamé plusieurs mois auparavant. Le ministre du Travail avait déjà indiqué que le projet de décret avait été transmis au Secrétariat général du gouvernement, puis examiné dans le cadre de réunions de coordination impliquant plusieurs secteurs concernés. Ces concertations avaient pour objectif d’aboutir à un texte équilibré, respectant à la fois les orientations législatives et les contraintes financières du système national de retraite.
Dans une réponse écrite adressée à un député, Abdelhak Saïhi avait détaillé les différentes étapes franchies par le projet. Il avait notamment évoqué une étude approfondie du texte, son enrichissement sur le plan juridique et technique, ainsi que des consultations élargies avec les institutions concernées. Cette démarche visait à définir avec précision les conditions d’éligibilité et les modalités pratiques permettant aux enseignants de bénéficier d’un départ à la retraite avant l’âge légal, sans ambiguïtés ni zones grises.
Sur le plan juridique, la réforme s’inscrit dans le prolongement direct d’un amendement législatif récent. L’article 2 de la loi n°25-09 du 19 juillet 2025, modifiant et complétant la loi n°83-12 relative à la retraite, a posé le cadre légal nécessaire à cette évolution. Le texte prévoit une réduction de trois années de l’âge de départ à la retraite pour les enseignants, tous cycles confondus. Une reconnaissance explicite de la pénibilité et des spécificités du métier, souvent marquées par une charge mentale importante, des classes surchargées et une responsabilité éducative permanente.
Au-delà des chiffres et des délais, cette mesure porte une forte dimension symbolique en Algérie. Elle traduit la volonté des pouvoirs publics de répondre à une revendication ancienne du corps enseignant et de valoriser son rôle central dans la formation des générations futures. Le ministre du Travail a d’ailleurs souligné que cette décision s’inscrit dans une approche qu’il qualifie de « juste et durable », visant à concilier reconnaissance sociale et équilibre du système de retraite.