L’annonce des nouvelles restrictions par la France visant certains dignitaires d’Algérie a provoqué une réaction immédiate et ferme de la part des autorités algériennes. Alors que Paris justifie ces mesures comme une réponse politique et diplomatique à des tensions bilatérales croissantes, Alger se dit stupéfaite et dénonce une décision unilatérale prise sans concertation préalable. Ce nouvel épisode vient s’ajouter à une série de différends qui ont marqué les relations entre les deux pays ces dernières années, rendant le climat encore plus électrique.
La déclaration de Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, a été perçue comme une provocation par Alger. Annoncée sur le plateau de BFMTV, la mise en place de ces restrictions vise directement certains officiels algériens détenteurs de documents de voyage diplomatiques, leur interdisant l’accès et la circulation en France sans explication préalable. Un coup dur pour les relations bilatérales, surtout au regard des accords existants entre les deux pays, notamment celui garantissant une exemption réciproque de visas pour ce type de passeports.
Dans un communiqué publié ce mercredi 26 février 2025, le ministère algérien des Affaires étrangères a exprimé son « étonnement » et sa « surprise » face à ces mesures, affirmant que le gouvernement n’avait reçu aucune notification officielle de la part de Paris. Alger rappelle que, selon les dispositions de l’article 8 de l’accord algéro-français en matière d’exemption réciproque de visas, toute restriction ou modification doit être communiquée en amont aux autorités concernées. Ce qui n’a pas été fait, selon la diplomatie algérienne, qui évoque une rupture des usages diplomatiques entre les deux nations.
Ce n’est pas la première fois que la France impose des restrictions sans en informer officiellement l’Algérie. Le communiqué du MAE fait d’ailleurs référence à deux incidents récents : le premier, qui avait suscité une demande d’explications de la part d’Alger, s’était soldé par des regrets exprimés par la France, qualifiant l’affaire de « malheureux incident dû à une rupture dans la chaîne de commandement ». Quant au second cas, plus récent, il fait actuellement l’objet d’une nouvelle requête d’explications envoyée à Paris.
Pour Alger, cette décision ne relève pas d’une simple maladresse administrative, mais bien d’une volonté politique de pression et d’intimidation. « Il s’agit d’une nouvelle provocation, d’une tentative d’intimidation et d’une menace dirigée contre notre pays », martèle le communiqué du ministère. La réaction ne s’arrête pas là : l’Algérie annonce qu’elle ne restera pas passive face à ces mesures et qu’elle prendra des sanctions « réciproques, strictes et immédiates » contre les intérêts français sur son territoire.
Derrière cette nouvelle crise, se cache un contexte plus large où l’Algérie se retrouve, une fois encore, au cœur des débats politiques en France. Le ministère algérien pointe du doigt l’extrême droite française, accusée d’instrumentaliser la relation franco-algérienne pour des gains électoralistes internes. L’Algérie devient un enjeu de politique intérieure en France, où certains cherchent à durcir le ton vis-à-vis d’Alger dans un climat de surenchère populiste.
Cette montée des tensions pourrait avoir des conséquences bien plus graves qu’une simple querelle diplomatique. Les relations entre les deux pays sont essentielles, notamment sur les plans économique et migratoire. Une détérioration brutale pourrait fragiliser des accords stratégiques, aussi bien en matière de coopération économique que de gestion des flux migratoires. Paris prend-il le risque d’un bras de fer avec Alger alors que les enjeux énergétiques et sécuritaires restent cruciaux ?
Pour l’heure, la position algérienne est claire : toute tentative de pression de la part de la France sera immédiatement suivie d’une réponse proportionnée. Reste à voir comment Paris réagira à cette fermeté, alors que les relations entre les deux pays n’ont cessé d’être marquées par des hauts et des bas au fil des années. Ce qui est certain, c’est que ce nouvel épisode risque d’envenimer encore un peu plus un dialogue déjà fragile, au moment où les défis communs appellent à plus de coopération plutôt qu’à des tensions inutiles.
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