Le marché noir des devises en Algérie connaît actuellement un bouleversement de taille, avec une chute marquante de la valeur de l’euro face au dinar algérien. Ce phénomène a capté l’attention des économistes et des observateurs financiers, qui cherchent à comprendre les facteurs sous-jacents de cette évolution. Le mercredi 26 février 2025, au Square Port-Saïd d’Alger, principal centre de change informel du pays, l’euro a connu une baisse importante, tombant en dessous de la barre symbolique des 250 dinars. Le taux de change a atteint 248 dinars à l’achat et 251 dinars à la vente, un déclin qui marque une inflexion dans le paysage monétaire algérien.
Cette chute de l’euro sur le marché parallèle est d’autant plus remarquable qu’elle s’accompagne d’une tendance similaire pour d’autres devises étrangères. Le dollar américain, traditionnellement perçu comme une valeur refuge sur les marchés mondiaux, a également vu sa valeur diminuer, bien qu’il demeure relativement stable par rapport à l’euro. Actuellement, le dollar se négocie à 240 dinars à l’achat et 244 dinars à la vente, enregistrant une pression à la baisse au niveau du Square d’Alger. De son côté, la livre sterling reste stable, mais à un niveau relativement élevé, se fixant autour de 300 dinars à l’achat et 305 dinars à la vente.
La fluctuation des devises sur le marché parallèle, notamment au Square d’Alger, a un impact immédiat et tangible sur l’économie algérienne, tant pour les citoyens que pour les entreprises locales. Les Algériens qui dépendent des devises étrangères pour financer leurs achats en ligne, leurs voyages à l’étranger ou leurs investissements se trouvent confrontés à une instabilité qui rend les prévisions économiques difficiles. Les entreprises, en particulier celles impliquées dans des transactions internationales, doivent jongler avec des coûts de revient qui fluctuent constamment, ce qui nuit à leur compétitivité et à leur capacité de planification à long terme.
Il est intéressant de noter que cette dynamique du marché parallèle, y compris au Square Port-Saïd d’Alger, se situe en forte contradiction avec les taux de change officiels, fixés par la Banque d’Algérie. Actuellement, l’euro s’échange à 141,34 dinars, le dollar à 134,61 dinars et la livre sterling à 170,47 dinars sur le marché officiel. Ce fossé énorme entre les taux de change officiels et informels alimente une série de comportements spéculatifs et complique davantage la gestion des devises. Les Algériens, confrontés à des taux officiels largement désavantageux par rapport à ceux du marché parallèle, sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le marché informel pour obtenir des devises à un taux plus favorable.
Cette situation n’est pas nouvelle pour l’Algérie. Depuis plusieurs années, le marché noir des devises prospère, alimenté par la différence de taux entre le marché officiel et le marché parallèle. Cette divergence rend les devises étrangères bien plus accessibles et compétitives sur le marché informel que sur les circuits bancaires officiels. Pourtant, recourir au marché noir comporte des risques considérables, notamment en matière de sécurité et de fiabilité. De plus, pour les entreprises locales, la dépendance à ces marchés non réglementés ajoute une couche de complexité supplémentaire à leurs opérations commerciales et financières.
Face à cette réalité, les autorités algériennes tentent de maintenir une certaine stabilité du dinar en réajustant régulièrement les politiques monétaires, mais elles sont confrontées à une pression constante du marché parallèle. Le fossé entre les taux officiels et informels engendre une spirale spéculative qui complique la gestion des devises et rend difficile le contrôle des flux financiers à travers le pays. Cette situation renforce également les pratiques de contournement des régulations existantes, ce qui contribue à l’augmentation de l’informalité dans l’économie nationale.
Les autorités algériennes, conscientes de cette dynamique complexe, tentent de moderniser le secteur des changes en instaurant des réformes pour encourager l’utilisation des canaux officiels. Cependant, la résistance persistante du marché noir et la méfiance de certains acteurs économiques vis-à-vis du système bancaire restent des obstacles majeurs. L’introduction de mesures telles que la révision des allocations en devises pour les voyageurs ou encore la facilitation des échanges via les guichets de la Banque d’Algérie témoignent d’une volonté de réguler le marché des changes. Mais tant que les taux de change officiels ne reflètent pas les réalités économiques du pays, la tentation de recourir au marché parallèle restera forte.
Ce décalage entre les taux de change officiels et parallèles représente donc un défi de taille pour l’économie algérienne, et ce changement de dynamique du marché des devises, avec la chute de l’euro au Square Port-Saïd, ne fait qu’accentuer cette incertitude économique. Il reste à voir si les efforts du gouvernement pour contrôler ce marché parallèle porteront leurs fruits à long terme, ou si la spirale spéculative continuera à se renforcer, avec des conséquences potentiellement lourdes pour la stabilité économique du pays.
Square d’Alger : la valeur de l’euro « va baisser », d’après l’APN
Le marché des devises en Algérie est sur le point de connaître un tournant majeur, notamment en ce qui concerne la valeur de l’euro face au dinar algérien sur le marché parallèle, notamment au Square d’Alger. Les récents développements liés à l’allocation touristique, révisée et augmentée par les autorités algériennes, suscitent de nombreuses spéculations sur l’impact que cette mesure pourrait avoir sur l’évolution du taux de change, en particulier sur le marché noir des devises. En effet, cette décision pourrait bien être un des facteurs clés qui influencera le cours de l’euro, en apportant une solution potentielle aux déséquilibres actuels.
Le gouvernement algérien a récemment annoncé qu’il mettrait en place une allocation touristique plus généreuse pour les voyageurs, dans le but de réduire la pression sur le marché informel des devises. Cette initiative vise à offrir une alternative plus officielle et contrôlée pour l’acquisition de devises étrangères, en espérant ainsi diminuer la demande sur les circuits parallèles qui alimentent en grande partie l’approvisionnement en devises du pays. Ce changement survient dans un contexte économique tendu, où les Algériens cherchent de plus en plus de solutions pour accéder aux devises étrangères afin de financer leurs voyages, surtout pendant les vacances estivales.
La commission des finances du Parlement algérien a anticipé une possible baisse de l’euro face au dinar sur le marché noir, un scénario qui réjouit les économistes qui suivent de près l’évolution du marché des changes en Algérie. L’introduction d’une allocation touristique revalorisée pourrait jouer un rôle crucial en permettant à l’État de mieux réguler l’offre de devises sur le marché, et de limiter ainsi les fluctuations importantes de la monnaie étrangère face au dinar. En permettant à plus de citoyens d’avoir accès à des devises via les circuits officiels, les autorités espèrent inverser la tendance et rapprocher le taux de change officiel de celui pratiqué sur le marché parallèle, qui a longtemps été déséquilibré.
Oussama Arbaoui, président de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée populaire nationale (APN), a confirmé que l’allocation touristique faisait l’objet de discussions approfondies au sein du parlement. Dans une interview accordée au journal Echorouk, il a salué les efforts du ministre Abdelkrim Bouzred qui a annoncé que les détails complets de cette réforme seront précisés après l’Aïd el-Fitr. Cette allocation pourrait constituer une première étape vers une gestion plus transparente du marché des devises en Algérie, ce qui marquerait un progrès important pour l’économie du pays.
Un des aspects importants de cette réforme est la prise en compte de l’égalité entre les voyageurs empruntant différents moyens de transport, notamment entre ceux voyageant par avion et ceux optant pour la voie terrestre. Les Algériens se rendant en Tunisie, destination privilégiée pour de nombreuses familles durant la période estivale, pourront ainsi bénéficier de cette allocation, une mesure qui ne manquera pas de répondre aux besoins des voyageurs fréquents de cette région. Cette égalité de traitement devrait favoriser une meilleure répartition des devises disponibles, tout en réduisant les tentations de recourir aux circuits informels pour se procurer des euros.
Le gouvernement algérien n’a pas seulement augmenté le montant alloué pour les voyages touristiques, mais a également renforcé l’infrastructure nécessaire pour permettre aux citoyens de se tourner vers les canaux officiels. Ainsi, des bureaux de change supplémentaires seront installés dans les aéroports, ports et aux frontières terrestres, en complément des guichets de la Banque d’Algérie qui seront spécifiquement dédiés à cette allocation. Cette approche vise à désigner des points de passage fiables et sécurisés pour l’échange de devises, et à inciter les citoyens à privilégier les méthodes formelles plutôt que le marché parallèle.
En plus des allocations touristiques, une autre mesure importante concerne les pèlerins se rendant en Arabie Saoudite pour le Hajj. Le gouvernement a décidé de revaloriser l’allocation qui leur est attribuée, passant à 1 000 dollars. Cette hausse reflète la volonté de mieux soutenir les citoyens qui doivent faire face aux coûts de ce voyage religieux, tout en garantissant que ces devises circulent de manière encadrée et réglementée.
Toutefois, certains experts restent sceptiques quant à l’impact réel de ces mesures sur le marché noir des devises. En effet, même si l’allocation touristique a été revalorisée et que les points de change officiels seront étendus, des interrogations subsistent sur la capacité du système bancaire algérien à répondre pleinement aux besoins des citoyens, notamment en ce qui concerne les formalités administratives parfois lourdes et l’accès limité aux devises. Les circuits parallèles continueront donc probablement d’exister tant que l’accès aux devises via les banques demeure restreint.
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