Taxes en Algérie : le président Tebboune donne une instruction ferme

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Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de nouvelles mesures en faveur des revenus des citoyens, avec l’intégration des augmentations salariales annoncées par le président de la République. En parallèle, Abdelmadjid Tebboune a donné instruction de ne pas introduire de nouvelles taxes susceptibles d’affecter le pouvoir d’achat des ménages, notamment ceux appartenant aux catégories à revenus modestes et aux classes moyennes.

Ces orientations ont été données lors de la réunion du Conseil des ministres tenue dimanche 4 octobre et consacrée notamment à l’examen du projet de loi de finances 2027. À l’issue de la réunion, le Conseil des ministres a approuvé le projet de loi de finances pour l’exercice 2027, qui intègre les dispositions relatives aux augmentations des salaires et des rémunérations.

Le chef de l’État a ainsi demandé que les augmentations salariales soient inscrites dans le prochain budget conformément aux engagements pris précédemment devant les Algériens. Cette instruction concerne donc directement la construction financière du PLF 2027 et l’incidence budgétaire des revalorisations prévues.

Pour les ménages, l’autre élément important concerne la fiscalité. Le président de la République a ordonné qu’aucun nouvel impôt susceptible de porter atteinte au pouvoir d’achat ne soit introduit dans le cadre du PLF 2027. L’instruction vise aussi bien les classes moyennes que les personnes disposant de revenus modestes.

Le gouvernement avait déjà placé la préservation du pouvoir d’achat parmi les principaux axes de préparation du projet de loi de finances. Lors d’une réunion tenue le 30 septembre, les services du Premier ministre avaient indiqué que l’avant-projet de PLF 2027 devait notamment poursuivre les efforts destinés à préserver le niveau de vie des citoyens et à répondre aux besoins sociaux.

Le texte gouvernemental s’inscrit également dans une stratégie plus large concernant l’économie nationale. Les orientations présentées avant l’examen du projet en Conseil des ministres portent sur le renforcement de la croissance économique, l’accélération de la diversification de l’économie et le soutien aux investissements productifs.

La préparation du budget 2027 ne se limite donc pas aux mesures liées aux salaires. Les pouvoirs publics prévoient également de donner la priorité aux projets structurants susceptibles d’avoir un impact sur le développement économique et social du pays.

Le renforcement du réseau national d’infrastructures figure notamment parmi les axes retenus. Le gouvernement entend également poursuivre les efforts en matière d’aménagement du territoire et chercher à réduire les coûts logistiques, considérés comme un élément important de la compétitivité de l’économie nationale.

Les programmes publics dans plusieurs secteurs doivent également se poursuivre. L’éducation, la santé, l’habitat et les infrastructures de base figurent parmi les domaines identifiés comme prioritaires dans la préparation du budget 2027. L’objectif affiché est de continuer à répondre aux besoins sociaux tout en maintenant les différents mécanismes publics de soutien.

Le climat de l’investissement constitue un autre volet du futur exercice budgétaire. Le gouvernement prévoit de poursuivre les mesures destinées à faciliter l’activité des opérateurs économiques et à améliorer les conditions d’investissement. La modernisation de l’administration et l’accélération de sa transformation numérique figurent également parmi les orientations annoncées.

Cette volonté de soutenir les dépenses publiques doit toutefois être accompagnée d’une amélioration de la mobilisation des recettes de l’État. Les autorités prévoient ainsi de renforcer l’efficacité de la collecte des ressources ordinaires, notamment à travers la simplification des procédures administratives et l’amélioration du respect des obligations fiscales.

Il ne s’agit donc pas, selon les orientations communiquées, d’augmenter la pression fiscale sur les ménages pour accroître les recettes publiques. L’objectif annoncé consiste plutôt à améliorer l’efficacité de la mobilisation des ressources existantes, tout en poursuivant les efforts de modernisation et de simplification des procédures fiscales.

Sur le volet salarial, les nouvelles revalorisations doivent s’inscrire dans la continuité des augmentations déjà décidées au cours des dernières années. Les précédentes mesures avaient permis une progression importante des rémunérations dans la Fonction publique. En 2023, le gouvernement rappelait notamment que les augmentations décidées depuis 2022 devaient permettre d’atteindre jusqu’à 47 % de hausse cumulée en 2024.

Le président de la République avait par ailleurs annoncé la poursuite du processus de revalorisation des revenus. Le PLF 2027 doit désormais intégrer l’incidence financière des nouvelles augmentations conformément aux orientations données lors du Conseil des ministres du 4 octobre.

À ce stade, les annonces officielles ne détaillent toutefois pas encore, dans les éléments communiqués, le montant précis de la prochaine hausse pour chaque catégorie de salariés ni son calendrier détaillé de versement. Il convient donc de distinguer l’inscription du principe des augmentations dans le PLF 2027 et la publication ultérieure des modalités précises de leur mise en œuvre.

Le projet de loi de finances 2027 devra ensuite suivre le processus législatif prévu avant son entrée en vigueur. Les dispositions définitives permettront notamment de préciser l’impact budgétaire des différentes mesures annoncées et les modalités concrètes de leur application.

En parallèle, le gouvernement entend maintenir les dispositifs de soutien destinés aux ménages et poursuivre les programmes sociaux déjà engagés. Cette orientation complète les mesures salariales et l’instruction présidentielle concernant l’absence de nouvelles taxes susceptibles de réduire le pouvoir d’achat.

Le PLF 2027 s’annonce ainsi comme un exercice budgétaire articulé autour de plusieurs priorités : revalorisation des revenus, protection du pouvoir d’achat, soutien aux investissements productifs, développement des infrastructures et poursuite des programmes sociaux. Les autorités affichent également la volonté d’améliorer les recettes ordinaires de l’État en renforçant l’efficacité de la mobilisation des ressources publiques.

Pour les salariés et les ménages algériens, l’un des principaux points d’attention concernera désormais les détails des augmentations annoncées. Leur niveau exact, leur calendrier d’application et les catégories concernées devront être précisés dans les prochaines étapes de l’élaboration et de l’adoption du budget 2027.

Le Conseil des ministres a en tout cas fixé deux orientations claires pour le volet social du prochain budget : intégrer les augmentations salariales annoncées et ne pas introduire de nouvelle fiscalité portant atteinte au pouvoir d’achat des citoyens, en particulier des classes moyennes et des catégories à faibles revenus.