Titre de séjour : un Algérien vit un cauchemar à cause de « 4 jours »

Algériens de France préfets Préfecture Paris accord franco algérien Algérienne Préfet Paris

Depuis deux ans, une situation administrative apparemment banale a plongé une famille entière dans l’angoisse. Installé en France depuis le début des années 1970, un ressortissant algérien de 79 ans se retrouve aujourd’hui bloqué en Algérie à la suite de l’expiration de son titre de séjour. Un contretemps qui, au fil des mois, s’est transformé en véritable impasse.

Arrivé en 1973 dans le nord de la France pour y travailler, Mohamed Fdjaikha a bâti toute son existence dans l’Hexagone. Ouvrier à ses débuts, il y a fondé une famille nombreuse, élevé ses enfants et tissé des liens solides avec son environnement. Malgré cette implantation durable, il n’a jamais entrepris de démarches pour acquérir la nationalité française, préférant conserver son statut de résident étranger et renouveler régulièrement sa carte de séjour. Pendant des décennies, cette organisation n’a posé aucune difficulté, selon La Voix du Nord.

Comme beaucoup de membres de la diaspora, il effectuait des allers-retours fréquents entre la France et l’Algérie, notamment pour rendre visite à ses proches à Annaba, sa ville natale. Ces voyages se déroulaient sans incident, jusqu’à ce déplacement qui allait bouleverser son quotidien.

Au début de l’année 2024, l’Algérien quitte la France avec une carte de séjour encore valide. Son séjour en Algérie se passe normalement. Mais lorsqu’il se présente pour embarquer sur un vol retour depuis Alger, les services de contrôle lui signalent que son titre de séjour a expiré quelques jours plus tôt. La date de validité était dépassée au moment du départ prévu, rendant son retour impossible sans visa.

Le vol retour était programmé pour le 19 février 2024, alors que la carte de séjour avait expiré le 15 février. Un écart de quelques jours qui a suffi à déclencher un engrenage administratif complexe. À partir de là, la situation s’est figée.

Depuis l’Algérie, Mohamed a sollicité à plusieurs reprises un visa de retour auprès du consulat de France à Annaba. Trois demandes ont été déposées. Selon sa famille, aucune n’a abouti favorablement. La dernière requête serait restée sans réponse formelle, ce qui équivaut juridiquement à un refus implicite. Face à cette absence de solution, ses proches ont entrepris diverses démarches, multipliant les courriers et les tentatives de médiation.

L’affaire a été relayée par le quotidien régional La Voix du Nord, qui s’est fait l’écho de la détresse de la famille. Interrogé, le consulat n’a pas souhaité commenter ce cas précis.

Au-delà de la dimension administrative, l’état de santé de Mohamed suscite une vive inquiétude. En 2025, il a été victime d’un accident vasculaire cérébral. Depuis, sa condition s’est fragilisée. Sa fille Fatiha alerte sur la vulnérabilité de son père, estimant que cette situation le met en danger. Âgé et affaibli, il se retrouve éloigné de son épouse et de ses neuf enfants, tous établis en France, où il a pourtant passé l’essentiel de sa vie.

Ce dossier met en lumière les conséquences parfois lourdes d’une simple négligence de date, surtout lorsque l’âge et la santé viennent compliquer l’équation. Pour la famille, il ne s’agit pas seulement d’un problème de documents, mais d’une séparation forcée qui dure depuis trop longtemps. Après plus d’un demi-siècle passé en France, Mohamed espère toujours pouvoir regagner le pays où il a construit son foyer.

En attendant une éventuelle issue favorable, ses proches continuent de se mobiliser. Ils demandent qu’une solution humanitaire soit envisagée afin de permettre à cet homme âgé de retrouver les siens et de terminer sa vie entouré de sa famille.