Transfert de devises : l’Algérie frappe d’une main de fer

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Les autorités algériennes viennent de mettre un terme à une activité criminelle complexe liée au transfert illégal de devises vers l’étranger. Cette semaine, la police judiciaire relevant de la sûreté de wilaya d’Alger a démantelé un réseau transfrontalier composé de sept individus, dont deux ressortissants étrangers, spécialisé dans le transfert illégal de devises en contournant les circuits financiers officiels. Le réseau utilisait des méthodes sophistiquées, mêlant transactions traditionnelles et monnaies virtuelles, pour déplacer de l’argent hors du territoire national sans autorisation.

L’affaire a été révélée après que les services de sécurité ont détecté des opérations suspectes impliquant des ressortissants étrangers opérant depuis l’Algérie. Selon des sources médiatiques locales, notamment le journal El Khabar, ces transferts illégaux se faisaient via des circuits complexes de monnaies virtuelles, permettant de masquer la provenance et la destination des fonds. L’ampleur de l’organisation et le recours à des technologies numériques ont conduit les autorités à déclencher une enquête approfondie afin de neutraliser ce réseau avant qu’il ne réalise des transactions financières de grande envergure.

La police judiciaire d’Alger a lancé une opération d’investigation de grande envergure pour identifier les membres du réseau et déterminer leurs méthodes. L’enquête a rapidement permis de localiser les sept suspects et de collecter des preuves solides de leurs activités criminelles. Dans le cadre de cette opération, des mandats de perquisition ont été exécutés dans les domiciles des individus concernés, ce qui a conduit à la saisie de montants importants en devises et en monnaie nationale, ainsi que d’outils informatiques utilisés pour orchestrer les transferts.

Parmi les biens saisis figurent près de 48 953 dollars en cryptomonnaie, stockés dans différents portefeuilles électroniques, 5 605 euros en espèces, environ 3,5 millions de dinars algériens, ainsi que d’autres devises étrangères. Les enquêteurs ont également récupéré six ordinateurs portables, quatre cartes numériques, deux cartes bancaires, deux cartes Dahabia et sept téléphones portables, tous utilisés pour coordonner les opérations et dissimuler les transactions. Ces saisies illustrent le degré de sophistication du réseau et sa capacité à manipuler des flux financiers complexes pour échapper aux contrôles réglementaires.

Les sept suspects ont été présentés devant le parquet territorialement compétent et font face à des accusations lourdes. Parmi elles figurent l’appartenance à une organisation criminelle transfrontalière, la violation de la législation sur les changes et la réglementation des mouvements de capitaux, le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale. Ils sont également poursuivis pour des infractions liées à la cryptomonnaie, incluant la vente, l’achat, la négociation et la mise en circulation d’actifs financiers virtuels, ainsi que pour la dénonciation d’un crime fictif en connaissance de cause et l’entrave à la justice.

Cette opération illustre la montée en puissance des réseaux utilisant à la fois des méthodes traditionnelles et des technologies numériques pour transférer des fonds de manière illégale. Elle souligne également l’importance de la vigilance des autorités algériennes dans la surveillance des flux financiers et la lutte contre le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale. La combinaison de moyens humains, techniques et judiciaires a été déterminante pour neutraliser un réseau capable de menacer l’intégrité du système économique national.

Les transferts illicites de devises représentent une menace croissante pour l’économie, en particulier lorsqu’ils impliquent la cryptomonnaie, un outil encore peu régulé et difficile à tracer. Les autorités rappellent que la manipulation de fonds sans passer par les circuits légaux expose les individus à des sanctions pénales sévères et à des poursuites pour crimes financiers. L’affaire démontre également que les criminels internationaux cherchent à exploiter les failles réglementaires et à utiliser les nouvelles technologies pour contourner les contrôles.

En neutralisant ce réseau, la police algérienne envoie un message clair : aucune activité illégale, même transfrontalière et technologiquement avancée, ne restera impunie. Les investigations se poursuivent pour identifier d’éventuels complices et analyser l’ensemble des flux financiers liés au réseau. Cette réussite témoigne de la coordination efficace entre la police judiciaire, le parquet et les services spécialisés dans la cyber-surveillance et la régulation financière. Elle renforce également la confiance dans les dispositifs de contrôle et de prévention mis en place pour protéger l’économie nationale et les citoyens.