Depuis le début de l’année 2026, les services des douanes algériennes ont entamé l’application concrète d’un ensemble de nouvelles dispositions prévues par la Loi de finances, touchant directement les voyageurs, les transferts de devises et l’importation de véhicules dans le cadre du changement de résidence. Ces mesures, qui s’inscrivent dans une volonté affichée de renforcer le contrôle des flux financiers et de lutter plus efficacement contre les pratiques illicites, ont été précisées à travers une instruction interne récemment diffusée aux structures douanières.
Sur le plan des déplacements internationaux, les règles encadrant le transport de valeurs ont été sensiblement élargies. Désormais, la notion de déclaration ne se limite plus aux seules devises ou à la monnaie nationale. Les voyageurs entrant ou sortant du territoire algérien doivent également signaler la détention de métaux précieux, de pierres de valeur, ainsi que de tout instrument de paiement au porteur, y compris certains titres négociables. Cette obligation concerne aussi bien les biens transportés sur soi que ceux placés dans les bagages ou les véhicules.
Les autorités douanières rappellent que cette déclaration est requise quelle que soit la nationalité du voyageur ou son statut de résident. Algériens établis dans le pays, membres de la diaspora, étrangers en visite ou en transit : tous sont soumis aux mêmes exigences à partir du moment où les montants ou valeurs atteignent le seuil fixé par la loi. Ce seuil a été arrêté à l’équivalent de 1 000 euros, un plancher qui s’applique aussi bien à l’entrée qu’à la sortie du territoire.
Dans le même esprit de contrôle renforcé, il est désormais formellement interdit d’acheminer ce type de valeurs par voie postale, fret ou services de messagerie rapide, sauf dans des cas très spécifiques soumis à autorisation préalable. Les douanes entendent ainsi limiter les circuits parallèles et réduire les risques liés au blanchiment d’argent ou au financement d’activités illégales.
Autre nouveauté importante : les agents des douanes disposent à présent de prérogatives élargies leur permettant de demander des justificatifs sur l’origine et la destination des fonds, qu’ils aient été déclarés ou non. En cas de doute sérieux, les sommes concernées peuvent faire l’objet d’une saisie à titre conservatoire pour une durée pouvant aller jusqu’à un mois. Cette procédure s’accompagne d’une information systématique du parquet compétent, tout en laissant au voyageur la possibilité de contester la décision devant la justice.
Parallèlement à ces mesures touchant aux devises, le texte d’application apporte des clarifications attendues sur l’importation des véhicules dans le cadre du changement de résidence. Ce dispositif, très suivi par les Algériens établis à l’étranger, a été revu afin d’encadrer plus strictement les types de véhicules autorisés et leurs caractéristiques techniques.
Dorénavant, seules certaines catégories de voitures peuvent bénéficier de ce régime. Il s’agit principalement des véhicules de tourisme fonctionnant à l’essence, à l’électricité ou en version hybride, à condition que leur cylindrée ne dépasse pas 1 800 cm³. Pour les véhicules utilitaires, les mêmes motorisations sont exigées, avec une limite de poids total fixée à moins de six tonnes. Les motorisations diesel, longtemps privilégiées par de nombreux automobilistes, sont quant à elles explicitement exclues du dispositif.
Les véhicules concernés peuvent être neufs ou âgés de moins de cinq ans au moment de leur entrée sur le territoire national. Cette condition vise à limiter l’importation de véhicules anciens ou fortement polluants, en cohérence avec les orientations environnementales adoptées ces dernières années. Là encore, l’application de ces règles est effective depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, sans période transitoire.
Dans l’ensemble, ces nouvelles dispositions traduisent un changement de philosophie dans la gestion douanière, avec une attention accrue portée à la traçabilité des flux financiers et à la conformité des importations. Si certaines de ces mesures suscitent des interrogations, notamment chez les voyageurs réguliers et les membres de la diaspora, les autorités estiment qu’elles sont nécessaires pour moderniser le cadre légal, sécuriser l’économie nationale et aligner la réglementation algérienne sur les standards internationaux.
Les prochains mois permettront d’évaluer l’impact réel de ces décisions sur le terrain, tant en matière de fluidité des passages frontaliers que de lutte contre les infractions financières. En attendant, les douanes appellent les citoyens à s’informer en amont de leurs déplacements afin d’éviter tout désagrément lié à une méconnaissance des nouvelles règles en vigueur.