L’Algérie continue d’élargir son horizon économique en s’ouvrant à de nouveaux secteurs industriels stratégiques. Cette fois, c’est dans la pétrochimie que le pays marque un tournant majeur, avec la signature d’un protocole d’accord entre le groupe algérien Souakri et l’entreprise azerbaïdjanaise Azerbaijan Methanol Company LLC (AzMeCo). Ce partenariat vise à concrétiser un projet d’envergure : la construction d’une usine de production de méthanol en Algérie, un investissement colossal d’un milliard de dollars.
L’annonce a été faite lors du Salon international de l’alimentation (International Food and Drinks Event) de Londres, qui s’est tenu du 17 au 19 mars. Ce cadre international a permis aux partenaires de formaliser la création de « Algeria Methanol Company », une joint-venture qui ambitionne de positionner l’Algérie comme un acteur clé sur le marché mondial du méthanol. L’usine, dont la capacité initiale sera d’un million de tonnes par an, ne se limitera pas uniquement à la production de méthanol. En effet, elle intégrera également des unités spécialisées dans la fabrication de produits dérivés à haute valeur ajoutée tels que l’ammoniac, l’urée et le formaldéhyde, des composants essentiels pour l’industrie chimique et agricole.
La cérémonie de signature s’est déroulée en présence de figures importantes du paysage économique et diplomatique algérien, notamment l’ambassadeur d’Algérie à Londres, M. Nourredine Yazid, et le représentant du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, M. Houari Abdelatif. De son côté, le président du groupe Souakri, M. Abdenour Souakri, a exprimé sa satisfaction quant à cette collaboration, insistant sur son importance stratégique. « Ce projet symbolise l’ambition industrielle de l’Algérie. Il marque un pas significatif vers la diversification de notre économie et le renforcement de notre souveraineté dans le domaine de la pétrochimie », a-t-il déclaré.
Pour AzMeCo, ce partenariat représente une opportunité stratégique d’accéder à un marché en pleine expansion. M. Nizami Piriyev, président du groupe azerbaïdjanais, a souligné les atouts de l’Algérie, notamment sa situation géographique privilégiée et son environnement propice aux investissements industriels. « L’Algérie est un pays clé pour l’avenir du marché pétrochimique en Afrique et en Méditerranée. Nous sommes convaincus que notre expertise combinée avec celle du groupe Souakri garantira le succès de ce projet », a-t-il affirmé.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de diversification des activités du groupe Souakri. En effet, en parallèle de cet accord, le conglomérat algérien a conclu un autre partenariat stratégique avec la société suisse Casale Technology. D’une valeur de 50 millions de dollars, cet accord porte sur la construction d’une usine d’engrais NPK, avec une capacité de production de 100 000 tonnes par an. Un projet qui confirme la volonté du groupe de se positionner comme un acteur incontournable dans le domaine agro-industriel.
Historiquement connu pour son implication dans l’industrie du ciment et des matériaux de construction, le groupe Souakri ne cesse d’élargir ses activités. Actuellement, il détient 51% du capital de Ciment Lafarge Souakri (Cilas), une joint-venture produisant trois millions de tonnes de ciment par an. Mais l’ambition du groupe ne s’arrête pas là. En 2024, il a lancé un projet novateur de production de tomates cerise dans le désert algérien, en collaboration avec une entreprise hollandaise. Cette initiative agricole, située à El Meghaïer, a pour objectif de produire 6 000 tonnes de tomates cerise par an, destinées en grande partie à l’exportation vers l’Europe, le Proche-Orient et la Russie.
L’usine de méthanol, combinée à ces autres projets stratégiques, démontre clairement l’accélération de l’industrialisation algérienne. En misant sur des partenariats internationaux solides et en diversifiant ses investissements, le pays affirme sa volonté de devenir un pôle industriel majeur. Ce projet de méthanol ne se limite pas à une simple production chimique ; il s’inscrit dans une vision économique globale visant à attirer davantage d’investisseurs étrangers et à renforcer la compétitivité de l’Algérie sur le marché international.
Avec l’appui de l’État et l’engagement de groupes privés dynamiques comme Souakri, l’Algérie semble bien déterminée à écrire une nouvelle page de son développement industriel. Le méthanol, considéré comme un carburant de l’avenir et une matière première essentielle pour diverses industries, pourrait bien devenir l’un des piliers de cette transformation économique. Ce projet est un signal fort envoyé aux marchés internationaux : l’Algérie est prête à s’imposer comme une puissance industrielle incontournable dans les années à venir.
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