Le cœur historique d’Alger, la Casbah, a une fois de plus été le théâtre d’un évènement dramatique. Vendredi, un immeuble de quatre étages s’est effondré rue Hadj Omar, dans la Basse Casbah, provoquant une onde de choc dans cette zone à forte affluence. Situé à proximité de la mosquée Ali Bitchin, du marché Lallaoum et du centre antidiabétique, ce bâtiment surplombait des commerces très populaires, notamment des fast-foods réputés pour leur spécialité de foie.
Les scènes capturées par les habitants ont immortalisé l’instant où l’immeuble s’est écroulé, soulevant un nuage de poussière et plongeant les riverains dans une panique immédiate. Malgré l’impact visuel impressionnant et les craintes initiales, les services de la protection civile ont confirmé, dans un communiqué officiel, qu’aucun blessé n’était à déplorer. Cette absence de victimes est en grande partie due au fait que le bâtiment était inoccupé, ayant été préalablement classé comme « zone rouge », c’est-à-dire à haut risque d’effondrement.
Cependant, cet incident n’est pas isolé. La Casbah, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO et témoin vivant de l’histoire ottomane de l’Algérie, est régulièrement confrontée à de tels drames. Les bâtiments qui jalonnent ses ruelles labyrinthiques, construits principalement en pierre calcaire et en bois, souffrent d’un manque d’entretien chronique. Les années de négligence, couplées aux intempéries et à l’usure naturelle des matériaux, ont rendu de nombreux immeubles instables, transformant cette vieille cité en une zone vulnérable.
Selon les autorités locales, plus d’une centaine de bâtiments de la Casbah sont aujourd’hui répertoriés comme présentant un risque imminent d’effondrement. Ces structures, dont beaucoup sont pourtant habitées, témoignent de l’urgence d’un plan de sauvegarde global pour préserver à la fois le patrimoine architectural unique de cette zone et la sécurité de ses habitants.
L’immeuble qui s’est effondré ce vendredi n’était qu’un exemple parmi tant d’autres de l’état alarmant du patrimoine bâti dans cette partie d’Alger. La Casbah, véritable joyau historique et culturel, est victime de sa propre richesse patrimoniale. Sa structure complexe, héritée de l’époque ottomane, et son emplacement en pente rendent les opérations de rénovation particulièrement difficiles. À cela s’ajoutent des conditions économiques défavorables, qui compliquent les efforts des habitants et des autorités pour y entreprendre des travaux de restauration.
Les précédents incidents témoignent également de la gravité de la situation. Des immeubles se sont effondrés par le passé, entraînant parfois des pertes humaines. Ces tragédies récurrentes ont provoqué de nombreuses mobilisations citoyennes, appelant à une intervention plus vigoureuse de l’État et des organisations internationales.
Dans ce contexte, le drame de la rue Hadj Omar met une fois de plus en lumière le besoin urgent d’une stratégie efficace pour sécuriser les zones à risque tout en préservant l’identité historique de la Casbah. Plusieurs solutions ont été proposées, notamment le relogement temporaire des familles vivant dans des bâtiments jugés dangereux, suivi d’un plan de restauration et de consolidation des structures. Mais leur mise en œuvre reste souvent entravée par des contraintes budgétaires, administratives ou techniques.
La rue Hadj Omar, lieu du drame, est aujourd’hui plongée dans le silence, mais les traces de l’effondrement restent visibles. Les habitants, bien que soulagés qu’aucune vie n’ait été perdue, sont conscients que ce n’est probablement pas le dernier évènement de ce type. Ce sentiment d’incertitude plane sur toute la Casbah, où chaque bâtiment, chaque mur pourrait devenir le théâtre du prochain drame.
Ce triste évènement, bien qu’il ait épargné des vies, rappelle que la sauvegarde du patrimoine ne peut plus attendre. La Casbah d’Alger, avec ses ruelles pittoresques et ses bâtiments chargés d’histoire, mérite d’être protégée non seulement comme un trésor national, mais aussi comme un espace de vie pour ses habitants. Les efforts pour sauver ce joyau architectural doivent s’intensifier, car chaque effondrement réduit un peu plus l’âme d’une cité qui porte en elle des siècles d’histoire.
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