Un nouvel épisode vient de marquer les relations déjà tendues entre l’Algérie et le Maroc. Ce jeudi, Khalid Chihani, gérant intérimaire du consulat général du Maroc à Alger, a été convoqué au siège du ministère des Affaires étrangères. Il y a été reçu par Mokhtar Amine Khelif, Directeur Général du Protocole, qui lui a officiellement notifié la décision de l’Algérie de déclarer persona non grata le responsable marocain Mohamed Isafiani, qui est le vice-consul général du Maroc à Oran. Ce dernier est désormais sommé de quitter le territoire algérien dans un délai maximal de 48 heures.
Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, cette expulsion est motivée par des « comportements suspects » de l’intéressé, jugés incompatibles avec ses fonctions diplomatiques. L’Algérie accuse le diplomate marocain d’avoir enfreint les lois en vigueur ainsi que les normes internationales, notamment celles de la Convention de Vienne sur les relations consulaires. Une telle mesure, rare et toujours significative en diplomatie, témoigne de la gravité des faits reprochés.
Cette expulsion survient dans un climat déjà marqué par une détérioration continue des relations entre Alger et Rabat. Depuis la rupture officielle des relations diplomatiques en août 2021, les tensions n’ont cessé de s’accentuer. L’Algérie reproche au Maroc un certain nombre d’actions qu’elle considère comme hostiles à sa souveraineté et à sa stabilité nationale. Cette nouvelle décision ne fait que confirmer la distance croissante entre les deux pays voisins.
La réaction du Maroc reste encore attendue. Jusqu’à présent, aucune réponse officielle des autorités marocaines n’a été formulée concernant l’expulsion de Mohamed Isafiani ou le rétablissement des visas. Toutefois, il est probable que Rabat prenne des mesures en réponse à ces décisions, ce qui pourrait encore accroître les tensions entre les deux pays.
Expulsion d’un responsable marocain : l’Algérie a également réintroduit le visa
Pour rappel, Alger a annoncé une autre mesure d’envergure, fin septembre 2024 : la réinstauration de l’obligation de visa pour tous les ressortissants étrangers détenteurs d’un passeport marocain. Cette décision, appliquée avec effet immédiat depuis fin septembre 2024, constitue un tournant dans la politique migratoire algérienne à l’égard des citoyens marocains.
Le ministère des Affaires étrangères a justifié cette nouvelle mesure en soulignant que, malgré la rupture des relations diplomatiques avec Rabat en 2021, l’Algérie avait jusqu’alors maintenu une politique d’ouverture en faveur des échanges humains entre les deux peuples. Toutefois, selon les autorités algériennes, cette souplesse aurait été exploitée par le Maroc à des fins contraires aux intérêts de l’Algérie. Le communiqué du ministère évoque notamment l’organisation à grande échelle de réseaux criminels, incluant le trafic de drogue, la contrebande et l’immigration clandestine. Plus encore, Alger accuse Rabat d’avoir permis à des agents de renseignements étrangers, détenteurs de passeports marocains, de circuler librement en territoire algérien.
Face à ce qu’elle considère comme une menace directe à sa sécurité nationale, l’Algérie affirme qu’un contrôle plus strict de ses frontières s’imposait. Cette décision vient ainsi s’ajouter à une série de restrictions et de mesures visant à limiter l’influence marocaine sur son territoire. Selon le ministère, Rabat porte l’entière responsabilité de cette escalade, en raison de ses « agissements hostiles » à l’égard de l’Algérie.
Sur le plan diplomatique, l’expulsion d’un haut responsable consulaire et la réintroduction des visas pour les Marocains sont des signaux clairs envoyés par Alger. Ces mesures traduisent une volonté ferme de renforcer son contrôle sur ses frontières et de limiter les interactions avec son voisin de l’Ouest. Alors que les relations entre les deux pays restent marquées par des différends profonds, cette nouvelle étape risque d’accentuer davantage la fracture entre Alger et Rabat.
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