Un vol Air Algérie dérouté vers le Burkina Faso

Air Algérie Josh Cahill

Une violente attaque armée visant l’aéroport international Diori Hamani de Niamey a semé la panique dans la capitale nigérienne dans la nuit de mercredi à jeudi. L’ampleur des affrontements a entraîné la fermeture temporaire de la plateforme aéroportuaire et le déroutement de plusieurs vols civils, dont un appareil Air Algérie en provenance d’Alger.

Selon des informations concordantes, des échanges de tirs intenses ont éclaté aux abords de l’aéroport, situé dans une zone stratégique abritant également des installations militaires. Les détonations, entendues sur plusieurs kilomètres, ont plongé une grande partie de la ville dans une atmosphère de peur pendant près de deux heures.

Face à la dégradation rapide de la situation sécuritaire, les autorités aéroportuaires ont suspendu toutes les opérations. Plusieurs avions en approche ont été contraints de modifier leur trajectoire. Un vol commercial Air Algérie venant d’Alger, qui devait atterrir à Niamey au cœur de la nuit, a ainsi été redirigé vers Ouagadougou, au Burkina Faso. Un autre appareil cargo en provenance d’Europe a, de son côté, été dérouté vers Lagos, au Nigeria.

Des témoignages de passagers et des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent une scène de grande confusion à l’intérieur de l’aérogare, où voyageurs et personnels cherchaient refuge alors que des tirs étaient perceptibles à proximité immédiate. À l’extérieur, plusieurs vidéos laissent apparaître des traînées lumineuses dans le ciel, suggérant l’utilisation de dispositifs de défense face à une attaque qui pourrait impliquer des drones.

Un avion d’Air Côte d’Ivoire endommagé au sol
Parmi les appareils touchés, un avion d’Air Côte d’Ivoire stationné sur le tarmac a subi des impacts de projectiles. La compagnie a confirmé que l’Airbus A319 a été atteint au niveau du fuselage et de l’aile droite, précisant toutefois qu’aucun passager ni membre d’équipage ne se trouvait à bord au moment des faits. Une expertise technique est en cours pour évaluer l’étendue des dégâts, ce qui pourrait entraîner une immobilisation prolongée de l’appareil.

L’aéroport de Niamey est resté fermé durant une grande partie de la journée de jeudi, le temps pour les forces de sécurité de reprendre le contrôle de la zone. Le calme est progressivement revenu en fin de nuit, bien que des mouvements de sirènes et des déploiements de secours aient continué d’être signalés aux alentours.

Le chef du régime militaire au pouvoir, le général Abdourahamane Tiani, a rapidement réagi en dénonçant une tentative d’infiltration menée, selon lui, par des mercenaires soutenus de l’extérieur. Il a salué l’intervention des forces de sécurité nigériennes, ainsi que l’appui de leurs partenaires, affirmant que l’attaque avait été contenue.

Dans une allocution au ton particulièrement offensif, le général Tiani a mis en cause plusieurs dirigeants étrangers, les accusant de soutenir indirectement les assaillants. Des propos qui s’inscrivent dans un contexte diplomatique déjà tendu entre Niamey et plusieurs capitales occidentales et africaines.

Cet épisode illustre une nouvelle fois la fragilité de la situation sécuritaire au Niger, où les infrastructures civiles, y compris le transport aérien international, restent exposées aux répercussions directes des tensions militaires et politiques.