Pandémie de Coronavirus – Le Dr Mohamed Bekkat Berkani s’est exprimé, ce mercredi, sur la campagne de vaccination anti Coronavirus  qui devrait être lancée incessamment en Algérie.

La campagne de vaccination anti Coronavirus continue de susciter des réactions en Algérie. Ce mercredi 27 janvier, c’est le Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du comité scientifique de suivi de la pandémie, qui s’est exprimé sur cette question. Dans ce sens, le même spécialiste a notamment indiqué que même en cas d’arrivée du vaccin, la campagne de vaccination ne pourrait pas débuter dans l’immédiat. « Même si le vaccin arrive maintenant, on ne va pas commencer la campagne immédiatement : il faut déterminer les priorités, identifier les régions. », a-t-il expliqué dans un entretien paru aujourd’hui sur TSA.

« Ne connaissant ni la quantité de vaccin ni l’origine, n’ayant pas une idée de la date de l’arrivée, on peut difficilement s’organiser », a-t-il dit. En outre, le même spécialiste a estimé que « pour commencer la vaccination, il faut centraliser avec un fichier informatique et avec des listes. Et l’entité qui connaît les malades chroniques, c’est la Sécurité sociale ». « Cette frange est la première cible car ce sont les malades chroniques et âgés qui occupent les lits de réanimation dans les hôpitaux. », a-t-il dit.

Vaccination anti Coronavirus en Algérie : des spécialistes critiquent le gouvernement

Rappelons que c’est le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, qui avait ordonné en décembre dernier de préparer une campagne de vaccination pour le mois de janvier en cours. Le président algérien avait en effet indiqué, le 20 décembre 2020, qu’il avait donné des instructions dans ce sens au premier ministre Abdelaziz Djerad.

Alors que l’échéance fixée part le premier responsable du pays touche à sa fin, la campagne de vaccination n’a toujours pas débuté en Algérie, et le gouvernement fait l’objet de vives critiques concernant sa gestion de ce dossier. Le professeur Kamel Bouzid, chef du service oncologie à l’hôpital Mustapha Bacha d’Alger, a notamment estimé que « l’Algérie est très en retard dans la vaccination. Il aurait fallu prendre ses dispositions dès le mois de juillet, ce qu’ont fait d’autres pays ». « Une cacophonie s’est installée à tous les niveaux », a déclaré le même spécialiste le 24 janvier dernier.

Pour sa part, le professeur Nacer Djidjli, chef du service de chirurgie pédiatrique à l’hôpital d’El Harrach (ex Belfort), a vivement critiqué le manque de communication des autorités algériennes au sujet de la vaccination. « Il y a énormément de zones obscures, de silences. On n’arrive plus à savoir exactement ce qui est en train de se passer. Quand un ministre vient nous dire que tel contrat de tant de millions de doses vient d’être annulé, sans aucune explication… On n’est pas citoyens de ce pays pour ne pas avoir droit à une explication ? », s’est-il indigné hier mardi, en estimant que l’Algérie « a au moins raté le volet communication ».

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