Véhicules Diesel importés : des Algériens de France se retrouvent bloqués

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Depuis l’entrée en vigueur de la Loi de finances 2026, de nombreux Algériens établis à l’étranger se retrouvent confrontés à une situation délicate liée à l’importation de leurs véhicules dans le cadre du changement de résidence (CCR). En cause, une modification majeure introduite par le nouveau texte : l’exclusion totale des véhicules à motorisation diesel, qu’ils soient neufs ou d’occasion, des opérations d’importation prévues par ce dispositif.

Avant le 1er janvier 2026, les Algériens de la diaspora pouvaient importer, dans le cadre du CCR, des véhicules essence ou diesel, à condition de respecter les critères en vigueur. Cette possibilité avait conduit de nombreux ressortissants à engager des démarches parfois longues et coûteuses, notamment l’achat de véhicules diesel en Europe, perçus comme plus adaptés à leurs besoins ou plus avantageux sur le plan économique.

La Loi de finances 2026 est venue bouleverser cet équilibre. Désormais, seuls les véhicules à essence, électriques ou hybrides sont autorisés à l’importation dans le cadre du changement de résidence. La réforme a également élargi le dispositif aux véhicules d’occasion de moins de cinq ans, mais a simultanément fermé la porte aux motorisations diesel, sans période transitoire clairement définie.

Cette situation a rapidement suscité des inquiétudes au sein de la communauté algérienne à l’étranger. Selon le député des Algériens de France, Abdelouahab Yagoubi, « de nombreux citoyens » se trouvent aujourd’hui dans une impasse administrative et juridique. Certains ont déjà acquis leurs véhicules avant l’adoption de la loi, d’autres ont engagé des procédures de transport ou se retrouvent avec des voitures bloquées dans des ports, sans possibilité de dédouanement.

Le parlementaire décrit une « situation complexe » née de l’application immédiate du nouveau texte, qui affecte des citoyens ayant agi en toute bonne foi, sur la base d’une réglementation alors en vigueur. Pour répondre à cette problématique, Abdelouahab Yagoubi affirme avoir adressé une correspondance officielle au Directeur général des douanes, sollicitant l’octroi d’une dérogation temporaire.

Cette dérogation, si elle venait à être accordée, permettrait aux personnes concernées de régulariser leur situation douanière jusqu’au 30 juin 2026. L’objectif affiché n’est pas de remettre en cause la réforme, mais d’offrir une solution transitoire à des situations déjà engagées avant l’entrée en vigueur de la nouvelle loi.

Le député insiste sur le fait que cette demande ne vise en aucun cas à contourner la législation en vigueur. Il évoque plutôt un souci de respect du principe de sécurité juridique, estimant que l’application rétroactive d’un texte peut engendrer des injustices, notamment lorsque les citoyens concernés ont respecté scrupuleusement les règles existantes au moment de leurs démarches.

Selon lui, cette problématique est d’autant plus sensible que la législation douanière algérienne autorise, dans le régime ordinaire d’importation, l’entrée de véhicules neufs sans distinction liée au type de motorisation. La restriction spécifique appliquée au CCR crée ainsi, selon certains observateurs, un décalage entre différents cadres juridiques.

Au-delà de l’aspect réglementaire, la question soulève également un enjeu humain et symbolique. Pour de nombreux membres de la diaspora, le changement de résidence représente un projet de vie important, souvent préparé sur plusieurs années. Le véhicule importé dans ce cadre n’est pas seulement un bien matériel, mais un élément central de leur réinstallation en Algérie.

Abdelouahab Yagoubi souligne ainsi la dimension morale de cette situation, évoquant une responsabilité envers une diaspora qui a respecté les textes et investi des sommes conséquentes en se conformant aux règles en vigueur à l’époque. En l’absence de solution rapide, certains craignent des pertes financières importantes ou des procédures longues et incertaines.

À ce stade, aucune réponse officielle n’a encore été communiquée concernant la demande de dérogation formulée par le député. En attendant, de nombreux Algériens de l’étranger restent dans l’expectative, espérant une clarification ou un aménagement temporaire qui leur permettrait de finaliser leur retour dans des conditions conformes à leurs engagements initiaux.