Véhicules neufs : une technique diabolique utilisée en Algérie 

Algérie Opel Véhicules neufs

Les véhicules neufs continuent d’être revendus sur le marché de l’occasion en Algérie à des prix bien supérieurs à leur valeur initiale, malgré les récentes réglementations mises en place pour encadrer la commercialisation automobile en Algérie. Cette situation soulève des interrogations sur l’efficacité des mesures adoptées et met en lumière les stratégies déployées par certains revendeurs pour contourner la loi.

Depuis 2018, l’offre et la demande dans le secteur automobile algérien connaissent de profondes perturbations. L’indisponibilité des véhicules neufs, conjuguée à une demande croissante, a entraîné une flambée des prix, transformant l’acquisition d’une voiture en un véritable parcours du combattant. Bien que le retour de certaines marques ait été accueilli comme une solution, l’effet escompté ne s’est pas concrétisé, en raison des stocks limités et des délais de livraison prolongés.

Pour tenter d’endiguer ces dérives, le ministère du Commerce a instauré une plateforme numérique nationale permettant de réguler la vente des véhicules neufs. L’un des points clés de cette mesure impose aux concessionnaires de ne vendre qu’un seul véhicule par personne physique sur une période de cinq ans, sauf justification valable. Toutefois, cette disposition n’a pas suffi à enrayer le phénomène de la revente illégale.

Des revendeurs rusés ont trouvé une parade en utilisant des prête-noms, notamment des membres de leur famille, pour acquérir plusieurs véhicules avant de les revendre à des prix bien plus élevés. Cette technique permet de contourner la législation tout en maintenant une activité lucrative. Ainsi, un modèle comme la Fiat Tipo, affiché à 2 699 000 DA chez le concessionnaire, se retrouve sur le marché de l’occasion à plus de 3 300 000 DA. De même, le Fiat Doblo Panorama, vendu à 3 340 000 DA en concession, atteint facilement les 4 000 000 DA chez les revendeurs.

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Malgré les restrictions imposées aux notaires pour ne pas enregistrer ces transactions, le marché informel prospère. Le ministère de la Justice avait pourtant pris des mesures préventives en interdisant l’enregistrement des ventes de voitures neuves dans le but de prévenir la spéculation. Mais les vendeurs trouvent toujours des failles pour réaliser des profits substantiels.

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Face à cette situation, les associations de protection des consommateurs montent au créneau et demandent l’application stricte de la loi contre la spéculation illicite. Hacène Menouar, président de l’association Aman, a récemment interpellé les autorités, insistant sur la nécessité d’étendre l’application de cette loi aux transactions automobiles. Selon lui, « cette situation nuit à l’activité des concessionnaires officiels et pénalise les citoyens qui cherchent à acheter un véhicule à un prix raisonnable ».

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Le ministère de l’Intérieur avait annoncé, lors du lancement de la relance automobile en 2023, son intention de prendre des mesures rigoureuses contre ces pratiques relatives aux véhicules neufs en Algérie. Toutefois, les effets concrets de cette annonce tardent à se faire sentir, laissant le marché aux mains des revendeurs opportunistes. Dans ce contexte, de nombreux Algériens espèrent que des actions plus fermes seront mises en place pour rétablir l’équilibre et garantir une accessibilité plus juste aux véhicules neufs.