Le nouveau dispositif de demande de visa pour la Turquie en Algérie ne fait pas l’unanimité. Depuis le début de l’année 2026, un changement majeur a été opéré dans l’organisation des dépôts de dossiers, avec la désignation d’un nouvel intermédiaire. Mais sur le terrain, de nombreux demandeurs expriment déjà leur frustration face à un système jugé encore insuffisamment rodé.
L’ambassade de Turquie en Algérie a en effet confié la gestion des demandes de visa à Mosaic Visa, qui remplace Gateway International, opérateur historique ayant assuré cette mission pendant près d’une décennie. Officiellement, Mosaic Visa est désormais « l’unique intermédiaire agréé » pour la réception des dossiers sur l’ensemble du territoire.
Mais ce changement s’accompagne d’une différence notable : là où Gateway disposait d’un réseau d’une dizaine de centres répartis dans plusieurs villes, le nouveau prestataire ne fonctionne, pour l’instant, qu’avec deux centres, situés à Alger et Oran. Une configuration qui suscite rapidement des interrogations, notamment dans un pays où la demande de visas pour la Turquie reste particulièrement élevée.
Sur les réseaux sociaux, les critiques n’ont pas tardé à émerger. Plusieurs internautes dénoncent une difficulté persistante à obtenir un rendez-vous, malgré l’ouverture officielle du service depuis le 11 janvier. Certains évoquent même une pénurie de créneaux, pointant du doigt un décalage entre la capacité actuelle du dispositif et le volume réel des demandes.
« À quoi sert l’ouverture de centres si aucun rendez-vous n’est disponible ? », s’interroge un utilisateur, tandis qu’un autre redoute déjà l’apparition d’un marché parallèle. Selon lui, la rareté des créneaux pourrait encourager le recours à des intermédiaires informels, prêts à monnayer l’accès à un rendez-vous.
Face à ces critiques, Mosaic Visa a rapidement réagi. Dans un communiqué publié le 23 mars, l’opérateur assure que les rendez-vous sont bien ouverts à la réservation et annonce une augmentation progressive de sa capacité de traitement à partir du mois d’avril. L’objectif affiché est clair : absorber la demande croissante et réduire les délais.
Le prestataire insiste également sur un point sensible : la lutte contre les intermédiaires non autorisés. Dans plusieurs communications, il met en garde les demandeurs contre les tentatives d’escroquerie et rappelle qu’aucun agent ou partenaire externe n’est habilité à intervenir dans le processus.
« Nous vous recommandons vivement de ne pas accorder votre confiance à des tiers non autorisés », précise l’opérateur, soulignant que toutes les démarches doivent être effectuées exclusivement via son site officiel. Un message qui vise à prévenir les dérives, dans un contexte où les difficultés d’accès peuvent favoriser les pratiques frauduleuses.
De son côté, l’ancien prestataire Gateway International avait déjà exprimé, au moment de la transition, certaines réserves sur cette nouvelle organisation. Son responsable régional Afrique avait notamment insisté sur « l’importance de la diversité des centres » pour faciliter l’accès aux demandeurs, un point aujourd’hui au cœur des critiques.
Au-delà de la polémique, cette situation met en lumière un enjeu plus large : celui de l’adaptation des services consulaires à une demande toujours plus forte. La Turquie reste une destination très prisée des Algériens, que ce soit pour le tourisme, les affaires ou les études. Dans ce contexte, toute modification du système de visas est scrutée de près.
Reste à savoir si les ajustements annoncés par Mosaic Visa permettront d’apaiser les tensions et de fluidifier le processus dans les semaines à venir. En attendant, de nombreux demandeurs restent dans l’attente d’un rendez-vous, espérant que le système tiendra ses promesses.