Dans une interview diffusée samedi 7 février 2026, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a ouvertement accusé la France de bloquer les discussions et de mener une guerre économique contre l’Algérie, marquant un nouvel épisode de la crise diplomatique qui oppose les deux pays depuis 2024. Cette déclaration fait suite à une série de tensions entre les deux nations, notamment en ce qui concerne la gestion des relations économiques et politiques.
Lorsque interrogé sur la visite à Alger de l’ancienne ministre française, Ségolène Royal, Tebboune a d’abord salué son courage et sa franchise, sans toutefois s’étendre sur cette rencontre. Cependant, son intervention a rapidement pris un ton plus sévère lorsqu’il a abordé les relations économiques entre l’Algérie et certains pays européens, sans spécifier directement la France, mais en évoquant des blocages systématiques. Le président a dénoncé la politique menée par certains acteurs qui, selon lui, « incitent à la haine contre l’Algérie », un commentaire qui semble viser les actions des autorités françaises, surtout en ce qui concerne le commerce de l’acier algérien en Europe. Selon Tebboune, l’Union européenne attribue un quota trimestriel à l’Algérie pour l’exportation de rond à béton, mais ce quota est rapidement consommé en quelques jours, ce qui empêche l’Algérie d’exploiter pleinement ses capacités de production.
Le président a expliqué que l’Algérie avait demandé une renégociation de l’accord d’association avec l’UE, mais a laissé entendre que la France jouait un rôle de blocage dans ce processus. Il a rappelé l’histoire des relations entre les deux pays, citant l’embargo français sur le vin algérien après l’indépendance, qui aurait été une tentative de punir l’Algérie pour sa souveraineté retrouvée. Tebboune a évoqué l’arrachage des vignobles algériens ordonné par le président Houari Boumédiène comme une réponse à cette politique économique hostile.
Dans ce contexte tendu, le président algérien a réaffirmé la position de l’Algérie concernant les Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF). Tebboune a expliqué que l’Algérie refusait de recevoir ses ressortissants expulsés par la France sans respecter les procédures légales et diplomatiques convenues entre les deux pays. Il a souligné que les Algériens vivant en France depuis plus de dix ans ont des droits, et que même en cas d’expulsion ordonnée par la justice, ces personnes doivent avoir la possibilité de faire appel. Il a également mis en avant l’importance de la communication entre les autorités françaises et algériennes, précisant que l’Algérie doit être informée de l’expulsion et que les consulats algériens doivent pouvoir intervenir dans les procédures.
Tebboune a ainsi lancé un avertissement direct en déclarant : « Celui qui veut humilier ou ridiculiser l’Algérie n’est pas encore né », soulignant la fermeté de la position algérienne face à ce qu’il considère comme des tentatives de déstabilisation.
Cette interview a également abordé d’autres sujets sensibles comme la proposition du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez de visiter l’Algérie. Le président Tebboune a répondu à cette suggestion en précisant que la visite de Nuñez le concernait personnellement, mais que s’il choisissait de venir, il serait « le bienvenu ». Ce propos reflète un état de relations diplomatiques tendues, où les échanges semblent régis par des agendas divergents, notamment sur les questions migratoires et économiques.
Les propos du président Tebboune soulignent non seulement les désaccords profonds qui existent entre l’Algérie et la France, mais aussi la détermination du gouvernement algérien à défendre ses intérêts et à protéger ses ressortissants face à ce qu’il considère comme des agissements injustes de la part de certains acteurs français.