Ce qui devait être un simple vol de retour vers l’Algérie s’est transformé en une épreuve décisive pour une passagère, mais aussi en un moment de bravoure silencieuse pour un agent de la Protection civile algérienne. À plusieurs milliers de mètres d’altitude, loin de tout hôpital et dans un espace confiné, un pompier algérien a contribué à sauver une vie, rappelant que le sens du devoir ne connaît ni repos ni frontières.
L’histoire a été racontée par le lieutenant Khelifa Nadji lors d’une émission télévisée consacrée aux métiers des secours. Ce professionnel aguerri, habitué aux interventions d’urgence sur terre ferme, se trouvait cette fois-ci simple passager à bord d’un vol en provenance d’Arabie saoudite. Rien ne laissait présager que son expérience allait être mise à contribution au cœur de la nuit, en plein ciel.
Alors que l’appareil évoluait à son altitude de croisière, une agitation inhabituelle a soudainement attiré son attention. Les murmures ont laissé place à une annonce claire de l’équipage demandant la présence d’un médecin à bord. Très vite, il a compris qu’une situation grave était en cours. Une praticienne, installée à l’avant de l’avion, s’est manifestée, et tous deux ont été conduits auprès de la passagère en difficulté.
Il s’agissait d’une femme âgée, visiblement affaiblie, dont l’état se dégradait rapidement. En quelques instants, le lieutenant Nadji a identifié des signes alarmants : une respiration difficile, irrégulière, et un rythme cardiaque inquiétant. L’expérience acquise au fil des années lui a permis de poser un premier diagnostic de terrain, confirmant une détresse respiratoire sévère, aggravée par des pathologies chroniques.
Sans perdre de temps, il a coordonné son intervention avec la médecin. Ensemble, ils ont tenté de stabiliser la patiente, adaptant leur prise en charge aux moyens très limités disponibles à bord d’un avion. Malgré les gestes de secours et la mise en position adéquate, l’état de la passagère restait fragile. L’absence de prise de médicaments essentiels, oubliés la veille, compliquait davantage la situation.
Face à cette urgence, l’équipage n’est pas resté passif. Le cockpit a rapidement sollicité l’avis des intervenants pour évaluer la nécessité d’un déroutement. Dans un premier temps, l’option retenue a été de faire descendre l’avion à une altitude plus basse afin de réduire la pression et faciliter la respiration de la patiente. Cette décision a permis une légère amélioration, donnant l’espoir d’une stabilisation temporaire.
Cependant, cet espoir s’est révélé insuffisant. Une fois consciente, la passagère a expliqué que ses traitements se trouvaient dans la soute, inaccessibles en plein vol. Cette information a pesé lourd dans la balance. Pour le pompier algérien, la priorité restait claire : la sécurité de la patiente passait avant toute autre considération logistique ou horaire.
Interrogé une seconde fois par le commandant de bord, il a recommandé sans hésitation un atterrissage d’urgence. Une décision difficile, mais nécessaire. L’avion a alors été dérouté vers un aéroport grec, où des services médicaux étaient en mesure de prendre le relais. Dès l’atterrissage, la passagère a été prise en charge par les équipes locales, mettant fin à un épisode de tension extrême.
L’histoire ne s’arrête pas là. Touchés par ce qui venait de se produire, les passagers ont spontanément organisé une collecte à bord afin d’aider la malade à faire face aux éventuels frais médicaux. Un geste de solidarité simple, mais profondément humain, qui a marqué durablement les esprits.
Après environ une heure d’escale, l’appareil a repris sa route vers l’Algérie. Pour le lieutenant Nadji, cette intervention reste gravée dans sa mémoire, non par héroïsme, mais par la responsabilité morale ressentie à cet instant précis. Il rappelle que chacun peut un jour se retrouver confronté à une situation similaire, et insiste sur l’importance de se former aux gestes de premiers secours.
Cette histoire, survenue loin des sirènes et des casernes, met en lumière le rôle essentiel des agents de la Protection civile algérienne, toujours prêts à intervenir, même lorsqu’ils ne sont ni en service ni sur leur terrain habituel. Une preuve que le dévouement et le sens du devoir ne s’éteignent jamais, même à 10 000 mètres d’altitude.