Chaque année, de nombreux Algériens se préparent à franchir la frontière pour se rendre en Tunisie, souvent à bord de leur véhicule personnel. Cette tradition, populaire surtout dans les wilayas limitrophes, est désormais encadrée par une taxe spécifique sur les sorties du territoire national. Avec l’entrée en vigueur de la loi de finances 2026, cette taxe a connu une hausse significative, affectant directement le budget des voyageurs et introduisant un système progressif pour les déplacements successifs au cours de l’année.
Jusqu’à l’année précédente, la taxe sur la consommation de carburant (TCC) pour la première sortie d’un véhicule touristique s’élevait à 500 dinars algériens. Depuis le 4 janvier 2026, ce montant a doublé pour atteindre 1.000 dinars, marquant un renforcement notable des mesures fiscales. L’objectif de cette augmentation n’est pas seulement de générer davantage de revenus pour l’État, mais également d’encadrer de manière plus stricte la fréquence des sorties de véhicules personnels, en responsabilisant les automobilistes sur leur usage.
La nouveauté majeure introduite par l’article 97 de la loi de finances 2026 réside dans l’adoption d’un tarif progressif. Ainsi, pour une deuxième sortie du territoire national, le montant de la taxe passe à 5.000 dinars algériens. Pour la troisième sortie, il s’élève à 10.000 dinars, et pour toute sortie supplémentaire au cours de l’année, la taxe atteint 25.000 dinars. Cette approche graduelle vise à limiter les déplacements répétés à vocation touristique tout en restant équitable pour ceux qui voyagent occasionnellement. Elle permet également de gérer de manière plus efficace les flux aux postes frontaliers, en évitant les déplacements fréquents qui peuvent surcharger les services de contrôle et les bureaux fiscaux.
La direction des douanes de la wilaya de Tébessa a publié un communiqué officiel le 3 janvier 2026, confirmant ces nouveaux tarifs et précisant leurs modalités de recouvrement. Selon ce document, le paiement de la taxe ne peut se faire que par l’intermédiaire des bureaux des impôts ou via les plateformes en ligne mises à disposition, à compter du 4 janvier 2026 à 8 heures. Cette procédure électronique illustre la volonté des autorités de simplifier les démarches, de réduire les files d’attente et de garantir une collecte transparente et sécurisée des taxes.
Pour les automobilistes, ce changement implique une planification plus attentive de leurs voyages. Ceux qui effectuent régulièrement des sorties vers la Tunisie doivent désormais anticiper le coût progressif des passages, afin d’éviter toute surprise au moment du paiement. Cette mesure incite également à rationaliser les déplacements et à mieux organiser les séjours touristiques, en particulier pour les familles qui effectuent plusieurs voyages au cours de l’année.
Le système progressif adopté ne concerne que les véhicules touristiques. Les véhicules à usage commercial ou professionnel sont soumis à des règles distinctes, ce qui permet de ne pas pénaliser les activités économiques tout en régulant les déplacements personnels. Cette distinction reflète la volonté des autorités de cibler précisément les déplacements à vocation touristique, qui représentent la majorité des passages transfrontaliers privés.
Enfin, la modernisation du recouvrement via les outils numériques s’inscrit dans une tendance plus large de digitalisation des services administratifs en Algérie. Les automobilistes peuvent désormais s’acquitter de la taxe directement en ligne, sans se déplacer, ce qui sécurise le paiement et garantit un enregistrement immédiat de la transaction. Cette innovation, en plus de simplifier la vie des citoyens, permet aux services fiscaux de mieux gérer le suivi des paiements et de centraliser les informations de manière efficace.