Les prix des billets entre la France et l’Algérie continuent de provoquer une vive colère au sein de la diaspora algérienne. Chaque année, à l’approche des vacances d’été, des milliers de familles se retrouvent confrontées à une flambée spectaculaire des tarifs aériens et maritimes. Une situation devenue insupportable pour de nombreux Algériens établis à l’étranger, au point de pousser le député des Algériens de France, Abdelouahab Yagoubi, à adresser une nouvelle lettre officielle au président de la République Abdelmadjid Tebboune.
Dans cette correspondance rendue publique mardi 2 juin 2026, le parlementaire lance un véritable cri du cœur concernant les difficultés rencontrées par la diaspora pour voyager vers l’Algérie. Il affirme avoir déjà utilisé l’ensemble des mécanismes parlementaires et constitutionnels à sa disposition afin d’alerter les autorités sur cette crise du transport entre la France et l’Algérie. Questions parlementaires, réunions avec les ministres des Transports, demandes de commissions d’enquête, déclarations officielles ou encore propositions concrètes : selon lui, toutes les démarches possibles ont été entreprises sans résultats suffisants.
Le député insiste particulièrement sur la hausse continue des prix des billets d’avion entre la France et l’Algérie. Une situation qui, selon lui, pénalise lourdement les familles de la diaspora, notamment durant la période estivale. Beaucoup de parents se retrouvent contraints d’annuler leurs vacances ou de réduire leur séjour au pays en raison du coût excessif des voyages.
L’un des points les plus marquants de cette lettre concerne le prix jugé exorbitant des vols France-Algérie. Abdelouahab Yagoubi s’interroge notamment sur le fait qu’un trajet aérien d’à peine deux heures puisse coûter plus cher qu’un voyage entre Paris et certaines destinations situées aux États-Unis ou en Asie. Une comparaison qui illustre, selon lui, le déséquilibre du marché et l’absence d’une véritable régulation tarifaire.
Le député évoque également un problème structurel lié au fonctionnement du secteur aérien entre les deux pays. Il rappelle notamment que l’accord bilatéral algéro-français de 2006 aurait contribué à installer une forme de fermeture du marché et un déséquilibre important dans la fixation des prix. Cette situation favoriserait une domination de certains opérateurs, avec une concurrence insuffisante pour faire baisser les tarifs.
Chaque été, les mêmes difficultés reviennent pour des millions d’Algériens vivant à l’étranger. Les billets augmentent fortement à mesure que les vacances approchent, les places deviennent rares et de nombreuses familles ne peuvent plus se permettre de voyager ensemble. Les enfants de la diaspora sont souvent les premières victimes de cette situation puisqu’ils se retrouvent privés de la possibilité de découvrir leur pays d’origine ou de rendre visite à leurs grands-parents.
Dans sa lettre adressée au président Tebboune, le député formule plusieurs revendications précises afin d’améliorer la situation des voyages entre la France et l’Algérie. Il réclame notamment la mise en place de véritables offres familiales adaptées au pouvoir d’achat des membres de la diaspora pour l’été 2026. Il demande également une tarification réduite pour les enfants durant les vacances scolaires, afin de permettre à davantage de familles de voyager.
Autre revendication importante : l’ouverture d’une concurrence réelle et effective sur les lignes aériennes entre la France et l’Algérie. Pour le député, cette mesure permettrait de casser les situations de monopole et de stabiliser les prix des billets. À défaut d’une ouverture complète du marché, il plaide pour un encadrement tarifaire raisonnable afin d’éviter les excès constatés chaque année.
La modernisation du secteur figure aussi parmi les demandes formulées. Abdelouahab Yagoubi appelle à une généralisation de la numérisation des réservations ainsi qu’à une amélioration globale de la qualité des services proposés aux voyageurs.
Le transport maritime n’échappe pas non plus aux critiques. Selon le député, les traversées entre la France et l’Algérie connaissent elles aussi une hausse importante des prix par rapport à l’année précédente. Là encore, il demande des mesures de régulation plus strictes afin de protéger les familles algériennes vivant à l’étranger.
Au-delà de la question économique, cette polémique autour des voyages vers l’Algérie touche également à une dimension humaine et affective très forte. Pour de nombreux membres de la diaspora, retourner au pays représente bien plus qu’un simple déplacement touristique. Il s’agit d’un lien essentiel avec leurs racines, leur famille et leur identité.
Le député conclut d’ailleurs son message en rappelant qu’effectuer une visite dans son pays d’origine ne devrait jamais être considéré comme un privilège, mais comme un droit fondamental pour chaque Algérien, où qu’il se trouve dans le monde. Un appel fort qui trouve un large écho sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes dénoncent eux aussi des prix devenus, selon eux, totalement déconnectés de la réalité.