Alger secouée par une affaire de 200 milliards

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Une affaire aux ramifications financières considérables secoue la capitale Alger. Selon les informations rapportées par Ennahar, le procureur de la République près le pôle pénal économique et financier spécialisé de Sidi M’hamed a requis de lourdes peines de prison contre les membres d’une famille algéroise accusée d’avoir dissimulé des biens issus de faits de corruption, pour une valeur dépassant les 200 milliards de centimes.

D’après la même source, les réquisitions vont de 10 à 15 ans de prison ferme, assorties d’amendes pouvant atteindre 8 millions de dinars. Le principal mis en cause, identifié par les initiales (A.H), encourt 15 ans de réclusion et une lourde amende. Plusieurs autres membres de la famille risquent 12 ans de prison, tandis que certains prévenus en fuite font également l’objet de mandats d’arrêt avec des réquisitions de 15 ans ferme. Les parents des principaux accusés ne sont pas épargnés : le procureur a requis 10 ans de prison contre chacun d’eux, avec confiscation de l’ensemble des biens saisis.

Toujours selon Ennahar, les faits reprochés portent sur la dissimulation volontaire de biens provenant d’infractions liées à la corruption, ainsi que sur des accusations de blanchiment d’argent et de dilapidation de deniers publics. L’affaire s’inscrit dans le prolongement des poursuites judiciaires engagées contre la famille de l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout.

Au cœur du dossier figure un système présumé d’acquisition massive de véhicules auprès du point de vente « Cima Motors » à Blida, géré de manière jugée illégale par un proche de la famille Tahkout, connu sous le nom de Nassim Auto. Selon les éléments présentés à l’audience et relayés par Ennahar, des milliers de véhicules auraient été achetés entre 2017 et 2020, puis revendus sur le marché à des prix largement supérieurs, générant d’importants profits.

L’enquête aurait révélé que le principal accusé procédait à des paiements en espèces, sans passer par les circuits bancaires de l’entreprise. Les investigations ont également mis au jour l’acquisition de nombreux locaux commerciaux au nom de différents membres de la famille, notamment dans les zones de Rouiba et Dar El Beïda. Lors d’une perquisition à son domicile, les services de sécurité auraient découvert 17 comptes bancaires, 14 contrats de location de locaux commerciaux, un carnet de 48 pages répertoriant divers biens, ainsi que des sommes en devises étrangères.

Le procureur a affirmé, lors de son réquisitoire cité par Ennahar, que le capital mobilisé pour l’achat des véhicules dépasserait les 1 000 milliards de centimes. Il a également indiqué que 4 865 véhicules de différentes marques auraient été acquis durant la période concernée. Selon l’accusation, ces opérations auraient causé un préjudice estimé à plus de 200 milliards de centimes à la société Cima Motors.

Face au tribunal, le principal prévenu a nié les faits qui lui sont reprochés. Il a déclaré exercer comme courtier automobile depuis 2006 et avoir acheté entre 30 et 40 véhicules à la fois pour les revendre à des particuliers. Il a affirmé ne pas entretenir de lien avec l’épouse de Mahieddine Tahkout et soutenu que ses activités commerciales étaient légales. Les autres membres de sa famille ont également rejeté en bloc les accusations, affirmant que leurs biens provenaient d’activités commerciales régulières.

La défense de Cima Motors a demandé à se constituer partie civile et réclame, selon Ennahar, 251 milliards de centimes au titre des préjudices subis. L’agent judiciaire du Trésor public s’est également constitué partie civile dans cette affaire.

Le tribunal devra désormais trancher dans ce dossier complexe en Algérie, mêlant commerces, comptes bancaires et soupçons de blanchiment à grande échelle, dans une affaire qui met en lumière l’ampleur des flux financiers liés aux réseaux issus des scandales de corruption des dernières années.