Algérie : Boulos inflige une douche froide au Maroc

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Les dernières déclarations de Massad Boulos sur le dossier du Sahara occidental apportent de nouvelles précisions sur la position de Washington et sur le rôle attribué à l’Algérie dans le processus de négociations. Dans un entretien accordé à France 24 en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le haut conseiller du président américain Donald Trump pour les affaires arabes et africaines a notamment présenté Alger comme un partenaire des États-Unis et souligné sa contribution aux efforts diplomatiques en cours.

Interrogé sur l’implication de l’Algérie dans le processus de règlement, Massad Boulos n’a pas repris l’idée selon laquelle Alger constituerait un obstacle aux négociations. Au contraire, il a qualifié l’Algérie de « très bon partenaire » et a mis en avant la qualité des relations entre Washington et Alger.

Le responsable américain a également évoqué le rôle joué par le président Abdelmadjid Tebboune et les autorités algériennes dans les différentes étapes du processus. Selon Boulos, Alger s’est montré disponible et a apporté son soutien aux efforts engagés pour faire avancer les discussions.

Cette déclaration intervient alors que l’Algérie est régulièrement présentée, dans certains discours politiques et médiatiques marocains, comme un acteur responsable du blocage du dossier. Les propos tenus par le conseiller américain donnent une lecture différente de la position de Washington, qui continue de considérer Alger comme un interlocuteur important dans le processus régional.

Massad Boulos a toutefois rappelé les limites du rôle que peut jouer l’Algérie. Il a expliqué que les autorités algériennes ne peuvent pas imposer une solution au peuple sahraoui, tout en soulignant qu’elles peuvent contribuer à encourager la poursuite du processus diplomatique.

Sur le fond des négociations, le responsable américain a également écarté l’idée d’un règlement à court terme. Après plusieurs cycles de discussions entre les différentes parties et sous l’impulsion des États-Unis et des Nations unies, il a reconnu qu’aucune solution concrète ne se dessinait encore à l’horizon.

« Il n’y a pas de solution imminente », a ainsi indiqué Massad Boulos, tout en précisant que le dialogue devait se poursuivre. Cette déclaration intervient alors que Washington cherche à accompagner les négociations autour du plan d’autonomie marocain et à obtenir les réactions des différentes parties concernées.

La position américaine demeure néanmoins favorable au plan d’autonomie présenté par Rabat. Cette orientation s’inscrit dans la ligne adoptée par les États-Unis depuis la proclamation américaine de 2020 concernant le Sahara occidental. Mais les déclarations récentes de Boulos montrent également que Washington continue de présenter le règlement comme le résultat d’un processus de négociation devant aboutir à une solution acceptée par les parties.

Le conseiller de Donald Trump a notamment insisté sur la nécessité de poursuivre les discussions avec le Front Polisario. Les échanges ne sont donc pas considérés comme clos et plusieurs questions restent encore à traiter avant de parvenir à un éventuel accord.

Cette approche intervient après plusieurs cycles de négociations auxquels ont participé le Maroc et le Front Polisario, avec la présence de l’Algérie et de la Mauritanie dans le processus. Les discussions n’ont pour l’heure pas permis de parvenir à une solution définitive au conflit.

Les déclarations de Boulos interviennent également dans une période d’intensification des contacts entre Washington et Alger. Le conseiller américain s’est entretenu à plusieurs reprises avec les responsables algériens ces derniers mois. Une nouvelle rencontre avec le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf s’est notamment tenue à New York en marge de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU.

Selon le ministère algérien des Affaires étrangères, les deux responsables ont évoqué les développements du dossier du Sahara occidental et convenu de poursuivre les consultations et la coordination sur cette question. Les relations bilatérales entre l’Algérie et les États-Unis ont également été abordées au cours de cette rencontre.

Le dialogue entre les deux pays ne se limite d’ailleurs pas au dossier sahraoui. Alger et Washington cherchent également à renforcer leur coopération dans plusieurs domaines, notamment sur les plans économique et commercial. Les questions liées à la sécurité régionale et aux grands dossiers africains figurent également parmi les sujets régulièrement abordés.

Pour Washington, le dossier du Sahara occidental s’inscrit ainsi dans une équation diplomatique plus large. Les États-Unis maintiennent leur soutien au plan d’autonomie marocain tout en poursuivant les contacts avec le Front Polisario, le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie.

Les déclarations de Massad Boulos ne permettent donc pas de conclure à un changement de position américaine sur le fond du dossier. Elles montrent en revanche que Washington continue de considérer l’Algérie comme un interlocuteur avec lequel il entend maintenir le dialogue et la coordination.

L’absence de solution imminente reconnue publiquement par le conseiller de Donald Trump confirme par ailleurs que les négociations restent ouvertes et que plusieurs étapes doivent encore être franchies avant une éventuelle issue politique.

À ce stade, le processus diplomatique se poursuit donc sans accord définitif. Washington maintient son soutien au plan d’autonomie marocain, tout en continuant à dialoguer avec les différents acteurs concernés et en reconnaissant le rôle que l’Algérie peut jouer dans les efforts visant à faire avancer les négociations.