L’Algérie a réaffirmé ses exigences pour parvenir à un règlement durable du conflit du Sahara occidental, à l’approche de la prochaine échéance diplomatique au Conseil de sécurité des Nations unies, prévue le 31 octobre 2026. Alger insiste sur quatre objectifs qu’elle considère indissociables : mettre fin au conflit, garantir les droits du peuple sahraoui, préserver la crédibilité de l’ONU et consolider la stabilité de l’ensemble de la région.
Cette position a été exposée par le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, lors de la célébration de la Journée de la diplomatie algérienne, jeudi 8 octobre. À cette occasion, le chef de la diplomatie a fait part des préoccupations d’Alger face aux initiatives qui, selon lui, risquent de modifier la nature même du dossier sahraoui en le présentant essentiellement comme une question humanitaire liée aux réfugiés.
Pour les autorités algériennes, le conflit ne peut être traité indépendamment de son origine historique et juridique. Alger continue de considérer le Sahara occidental comme un territoire relevant du processus de décolonisation et défend le droit de sa population à décider de son avenir. Cette approche place le principe d’autodétermination au centre de toute perspective de règlement politique.
Alger met en garde contre une réduction du conflit à la question des réfugiés
Dans son intervention, Ahmed Attaf a exprimé son étonnement et sa préoccupation face aux tentatives visant, selon lui, à détourner le dossier sahraoui de sa dimension de décolonisation pour le réduire à la situation des réfugiés. Le ministre a rappelé que ces derniers ne doivent pas être considérés uniquement sous l’angle humanitaire, mais également comme les dépositaires d’une revendication liée au droit à l’autodétermination.
Cette déclaration intervient alors que les discussions diplomatiques autour de l’avenir du territoire se poursuivent sans avancée décisive. L’approche de la résolution du Conseil de sécurité du 31 octobre donne une importance particulière aux positions défendues par les différentes parties et aux orientations que pourrait retenir l’instance onusienne.
L’Algérie redoute notamment qu’une solution soit privilégiée ou imposée sans tenir suffisamment compte du droit du peuple sahraoui à choisir son statut politique. Les débats autour du plan d’autonomie proposé par le Maroc constituent l’un des principaux enjeux de cette séquence diplomatique, alors que Washington pourrait chercher à accélérer les efforts en faveur d’une issue au conflit.
Le processus de négociations engagé depuis environ un an entre le Maroc et le Front Polisario n’a, selon les informations rapportées dans le dossier, pas permis d’obtenir de progrès significatifs. Dans ce contexte, Alger appelle à éviter toute démarche susceptible de consacrer une situation politique sans règlement conforme au cadre défendu par les Nations unies.
Quatre exigences pour parvenir à un règlement définitif
Ahmed Attaf a détaillé les principes qui, selon l’Algérie, doivent guider la recherche d’une solution. La première exigence consiste à parvenir à un règlement capable de mettre fin au conflit. Pour Alger, une issue durable doit dépasser les initiatives diplomatiques ponctuelles et permettre de sortir d’une situation qui se prolonge depuis plusieurs décennies.
La deuxième condition porte sur les droits du peuple du Sahara occidental. Les autorités algériennes estiment qu’aucun accord ne peut être considéré comme juste et définitif s’il ne garantit pas les droits des Sahraouis, en particulier leur droit à l’autodétermination. Ce principe constitue le fondement de la position défendue par Alger dans les discussions sur le statut du territoire.
La troisième exigence concerne la crédibilité des Nations unies. L’Algérie met en garde contre toute démarche qui contournerait, selon elle, la légalité internationale et la doctrine onusienne en matière de décolonisation. Elle considère que la manière dont ce conflit sera résolu aura également des conséquences sur la confiance accordée au cadre multilatéral et aux principes que l’organisation défend.
Enfin, la quatrième condition vise la sécurité, la stabilité et l’intégration régionale. Alger considère qu’un règlement juste du dossier sahraoui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de coopération entre les pays de la région. L’objectif affiché est de créer un environnement plus favorable au développement et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
L’Algérie affirme vouloir contribuer à une solution politique
Le ministre des Affaires étrangères a également rappelé que l’Algérie s’était engagée, au début de l’année 2026, dans une démarche destinée à contribuer à l’élaboration d’une solution politique qu’elle souhaite à la fois juste et durable. Cette initiative repose, selon Ahmed Attaf, sur l’idée qu’un règlement définitif permettrait de faire progresser les droits du peuple sahraoui tout en favorisant la sécurité et la stabilité régionales.
La position algérienne s’inscrit ainsi dans une double logique : défendre le principe d’autodétermination et prévenir les conséquences régionales d’un conflit qui reste sans issue politique reconnue par toutes les parties. Alger affirme vouloir préserver le rôle des Nations unies et s’oppose à toute solution qui ferait abstraction des droits revendiqués par les Sahraouis.
La résolution attendue du Conseil de sécurité le 31 octobre 2026 constitue, dans ce contexte, une échéance importante. Les orientations qui seront retenues devraient être suivies de près par les acteurs concernés, alors que les divergences sur le statut du Sahara occidental et les modalités d’un règlement restent profondes.
Pour l’Algérie, une solution définitive devra donc satisfaire simultanément les quatre objectifs avancés par Ahmed Attaf : mettre un terme au conflit, garantir les droits du peuple sahraoui, maintenir la crédibilité du cadre onusien et contribuer à une région plus stable et mieux intégrée. C’est autour de ces exigences que se structure la position défendue par Alger à l’approche de cette nouvelle étape diplomatique.