Algérie : le nouveau salaire national minimum garanti (SMNG) entre en vigueur

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La revalorisation du salaire national minimum garanti est désormais une réalité officielle. Le premier Journal officiel de l’année 2026 a publié le décret présidentiel actant l’augmentation du SNMG, mettant ainsi fin à plusieurs semaines d’attente depuis son annonce en Conseil des ministres. À compter du 1er janvier 2026, le salaire minimum légal en Algérie passe de 20 000 à 24 000 dinars par mois, marquant l’une des hausses les plus significatives de ces dernières décennies.

Le texte, signé par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, précise que ce nouveau montant s’applique à une durée légale de travail de 40 heures par semaine, soit 173,33 heures mensuelles. Concrètement, le taux horaire correspondant est désormais fixé à 138,46 dinars. Cette publication au Journal officiel confère à la mesure sa pleine force juridique et oblige l’ensemble des employeurs concernés à s’y conformer.

Le décret met également fin aux dispositions précédentes encadrant le salaire minimum. Il abroge notamment le texte présidentiel d’avril 2021 qui avait fixé le SNMG à 20 000 dinars. La nouvelle grille entre donc en vigueur rétroactivement à partir du début de l’année 2026, ce qui implique une adaptation immédiate des fiches de paie dans les secteurs concernés.

Cette augmentation avait été décidée lors d’un Conseil des ministres tenu fin novembre 2025, au cours duquel le chef de l’État avait validé une revalorisation attendue de longue date par les travailleurs. Selon les autorités, il s’agit de la première hausse de cette ampleur depuis le lancement progressif des augmentations du SNMG. La précédente revalorisation notable remontait à 2020, avec une augmentation de 2 000 dinars seulement, dans un contexte économique pourtant déjà marqué par la pression sur le pouvoir d’achat.

Sur le long terme, l’évolution du salaire minimum en Algérie reflète les transformations économiques et sociales du pays. Fixé à 1 000 dinars au début des années 1990, le SNMG a connu plusieurs paliers successifs au fil des décennies. Il avait été porté à 2 500 dinars en 1992, puis à 4 800 dinars en 1997, avant de connaître de nouvelles augmentations en 2001 et 2007. À partir de 2012, il avait atteint 18 000 dinars, un seuil qui restera inchangé pendant plusieurs années, jusqu’à la hausse décidée en 2020.

La revalorisation entrée en vigueur en 2026 s’inscrit ainsi dans une volonté affichée des pouvoirs publics d’améliorer le revenu minimum des travailleurs face à l’augmentation du coût de la vie. Elle répond également à une revendication syndicale persistante. Ces derniers mois, plusieurs responsables du monde du travail avaient évoqué ouvertement la nécessité d’un ajustement du SNMG, jugé insuffisant au regard des dépenses courantes des ménages.

Le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens, Amar Takdjout, avait notamment indiqué que cette revendication avait reçu un écho favorable au plus haut niveau de l’État en Algérie. Il avait alors évoqué une décision attendue entre la fin de l’année 2025 et le début de 2026, saluant par avance un engagement présidentiel en faveur des travailleurs. Après l’officialisation de la hausse, le responsable syndical a qualifié la mesure de décision honorable, soulignant son importance symbolique et économique.

Selon l’UGTA, le nouveau SNMG ne concerne pas uniquement les salariés rémunérés au strict minimum. Il sert également de référence dans le calcul des salaires dans de nombreux secteurs, y compris pour certaines catégories de cadres et pour les pensions de retraite. Les entreprises et organismes employeurs sont toutefois appelés à intégrer cette augmentation avec prudence, afin d’éviter des déséquilibres internes ou un tassement des grilles salariales.

Avec cette revalorisation portée à 24 000 dinars, le salaire national minimum garanti retrouve une place centrale dans le débat sur le pouvoir d’achat et la justice sociale. Si cette hausse est largement saluée par les travailleurs, elle pose aussi la question de son impact réel sur le niveau de vie, dans un contexte économique marqué par l’inflation et les ajustements structurels. Pour beaucoup, cette mesure constitue néanmoins un signal fort, traduisant une volonté politique de répondre aux attentes sociales à travers des décisions concrètes et officiellement entérinées.