Algérie, Maroc, Sahara Occidental : l’ONU prend une décision importante 

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Le Sahara occidental, un territoire disputé depuis plusieurs décennies, continue de focaliser l’attention internationale en raison de son statut non résolu et des tensions persistantes entre le Maroc et les autorités sahraouies. Alors que le processus de paix stagne, le Conseil de sécurité des Nations unies se prépare à organiser une réunion cruciale à huis clos le 14 avril prochain, afin d’examiner la situation dans cette région stratégique. Cette réunion, bien qu’informative, pourrait jouer un rôle important dans les futures décisions diplomatiques concernant le conflit.

Deux intervenants majeurs sont attendus lors de cette séance. Le premier, Staffan de Mistura, l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, devrait présenter un rapport détaillé sur l’état actuel du processus de paix, tout en mettant en lumière les obstacles rencontrés au fil des années. De Mistura, en tant que médiateur, a été directement impliqué dans les tentatives de négociations, mais il fait face à un blocage de longue date. Le second intervenant, Alexander Ivanko, le Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la mission de la Minurso, qui a pour mandat de surveiller le cessez-le-feu et d’organiser un référendum d’autodétermination, apportera un rapport sur les développements en cours dans la zone sous la responsabilité de cette mission.

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit dans un contexte tendu, marqué par un manque de progrès dans le règlement du conflit. Depuis plusieurs années, le Maroc refuse fermement la tenue d’un référendum sur l’autodétermination des Sahraouis, une solution pourtant envisagée dans les résolutions internationales. Ce refus de donner aux Sahraouis la possibilité de choisir leur avenir alimente les tensions et renforce la position des adversaires du Maroc, en particulier l’Algérie, qui soutient inlassablement les droits des Sahraouis à l’autodétermination. La situation est d’autant plus complexe que le Maroc bénéficie du soutien de certains pays occidentaux, comme les États-Unis et la France, ainsi que de certaines nations arabes, dont les Émirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite.

L’absence de progrès diplomatique n’a cependant pas empêché la justice européenne de faire un pas significatif en annulant des accords commerciaux entre l’Union européenne et le Maroc concernant les secteurs de la pêche et de l’agriculture. Cette décision a été fondée sur des arguments juridiques affirmant que ces accords violaient le principe d’autodétermination des peuples, en particulier celui des Sahraouis. En réponse à cette décision, le Maroc a exprimé son mécontentement, tandis que l’Algérie a salué cette avancée juridique en faveur du droit international.

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Un autre aspect préoccupant de la situation reste le contrôle exercé par les autorités marocaines sur le territoire du Sahara occidental. Depuis 2025, la répression s’est intensifiée, avec des restrictions sévères sur l’accès des observateurs internationaux et des journalistes dans la région. Des missions, telles que celles des eurodéputés, ont été empêchées d’entrer à Laâyoune pour enquêter sur les violations des droits de l’homme et les activités d’exploitation des ressources naturelles. Ces restrictions ont été largement dénoncées par des organisations telles que Human Rights Watch et Amnesty International, qui ont condamné les violations systématiques des droits fondamentaux des Sahraouis, notamment les arrestations arbitraires, la torture et la suppression de la liberté d’expression.

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Un autre point de friction majeur est l’impossibilité pour le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme d’accéder à la région. Dans son dernier rapport de 2024, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’était dit « préoccupé » par la situation, soulignant que pour la neuvième année consécutive, le HCDH n’avait pas pu se rendre au Sahara occidental. Cette absence prolongée d’accès aux observateurs internationaux et la persistance des violations des droits de l’homme dans la région soulèvent des questions sur la manière dont la communauté internationale peut intervenir pour mettre fin à cette impasse.

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Cette réunion du Conseil de sécurité des Nations unies pourrait constituer un tournant, bien que les perspectives, au sujet d’un meilleur avenir pour le Sahara occidental, restent floues. Si le processus de paix continue d’échouer, des pressions croissantes sur le Maroc pourraient se faire sentir, notamment en raison des évolutions récentes en Europe et des prises de position de pays comme l’Algérie. Le Conseil devra ainsi naviguer avec prudence entre les différents intérêts en jeu, tout en cherchant à promouvoir une solution juste et durable pour le peuple sahraoui, toujours en quête de son autodétermination.