Les services de sécurité de la wilaya de Médéa ont annoncé l’arrestation d’une jeune femme active sur le réseau social TikTok. Âgée d’une vingtaine d’années, cette Tiktokeuse, très suivie en Algérie, est accusée d’avoir commis un acte public portant atteinte à la pudeur et d’avoir diffusé de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public. Les autorités locales ont confirmé que cette affaire illustre une nouvelle fois l’attention particulière accordée aux comportements jugés contraires aux lois et aux valeurs morales dans l’espace numérique.
L’affaire a éclaté après la diffusion d’une vidéo en direct, un live sur TikTok, au cours duquel la Tiktokeuse est apparue en train de réaliser des gestes considérés comme obscènes. Les images, captées puis relayées par différents utilisateurs, se sont rapidement propagées sur plusieurs plateformes sociales. En Algérie, où l’usage des réseaux connaît une croissance rapide, ce type de diffusion suscite de vifs débats et entraîne bien souvent des réactions partagées entre indignation et dénonciation. Dans ce cas précis, les réactions virulentes n’ont pas tardé à alerter les autorités, qui ont décidé d’ouvrir une enquête.
Les services de la brigade de lutte contre la cybercriminalité, rattachée à la police judiciaire de Médéa, ont été saisis du dossier. En collaboration étroite avec le parquet compétent, les enquêteurs ont procédé à des vérifications techniques et numériques afin d’identifier l’auteure de la diffusion. Très rapidement, l’identité de la Tiktokeuse a été confirmée. La jeune femme, résidant dans la région et connue pour ses contenus fréquents sur les réseaux sociaux, a été arrêtée le 25 août. Lors de son interpellation, son téléphone portable, principal outil utilisé pour ses publications, a été saisi et placé comme pièce à conviction, dans l’attente d’analyses approfondies.
Selon les informations communiquées, le dossier ne se limite pas uniquement à la diffusion de gestes jugés obscènes. Les enquêteurs reprochent également à la prévenue d’avoir partagé sur ses comptes personnels des contenus considérés comme trompeurs, accompagnés d’informations mensongères. Ces publications, selon les autorités judiciaires, pouvaient avoir des conséquences sur l’ordre public et troubler la tranquillité collective. En Algérie, où la question de l’usage des réseaux sociaux est souvent associée à des enjeux de régulation, la vigilance des autorités reste constante.
Après plusieurs jours d’investigations et la clôture des procédures légales nécessaires, la Tiktokeuse a été présentée devant le procureur de la République près le tribunal de Médéa le 28 août. Au vu de la gravité des faits constatés, le magistrat a ordonné la transmission immédiate du dossier au juge compétent. La procédure a été engagée sous le régime de la comparution immédiate, un dispositif qui permet de traiter rapidement les affaires jugées sensibles.
Le juge a alors décidé du placement en détention provisoire de la jeune femme. La Tiktokeuse devra donc répondre devant la justice de l’ensemble des accusations retenues à son encontre. Elle est poursuivie notamment pour atteinte aux bonnes mœurs par diffusion publique et pour propagation de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public, deux infractions prises au sérieux par la législation en vigueur en Algérie.
La décision de la justice de Médéa a pour effet de maintenir la prévenue incarcérée jusqu’à la tenue de son procès. Cette affaire vient une nouvelle fois souligner l’importance accordée par les autorités aux pratiques numériques et au rôle croissant des réseaux sociaux dans la société. L’usage intensif de TikTok et d’autres plateformes en Algérie attire en effet l’attention des instances de régulation, qui insistent sur le respect des lois et la prévention de tout abus.