Actualité politique – Le chef de l’État déchu, Abdelaziz Bouteflika pourrait bientôt se retrouver devant la justice en Algérie. L’ancien président a en effet été cité par son frère Saïd dans l’affaire impliquant les anciens ministres Chakib Khellil et Tayeb Louh, rapporte ce lundi le quotidien arabophone El-Khabar.

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Selon la même source, l’affaire concerne l’annulation des poursuites judiciaires contre l’ancien ministre de l’Énergie Chakib Khellil. Celui-ci était, rappelons-le, rentré en Algérie en 2016 alors qu’il était visé par un mandat d’arrêt International dans le cadre de l’affaire de corruption Sonatrach II. Toujours selon El Khabar, qui cite les déclarations de Saïd Bouteflika, ce serait l’ex-président Abdelaziz Bouteflika qui aurait ordonné l’arrêt des poursuites judiciaires contre l’ancien ministre. Le frère et ancien conseiller du chef de l’État déchu aurait ainsi déclaré avoir simplement « obéi aux ordres » de son frère, relate El-Khabar.

Dans les détails, cette affaire concerne l’annulation des mandats d’arrêt internationaux émis contre Chakib Khellil et sa famille en 2013 par l’actuel ministre de la justice Belkacem Zeghmati, qui était à l’époque procureur général près la cour d’Alger. Lesdits mandat d’arrêt avaient été révoqués en 2016 pour vice de procédure, ce qui avait permis à Chakib Khellil de regagner le pays au mois de mars de la même année. Selon El Khabar, la révocation des mandats d’arrêt contre l’ancien ministre de l’Énergie et sa famille ne s’est pas faite selon la procédure prévue par la loi, qui exige notamment la présentation des mis en cause devant le procureur de la République puis le juge d’instruction chargé du dossier. Le rôle de Saïd Bouteflika dans cette affaire aurait été de donner des instruction à Tayeb Louh via les fameux SMS découverts sur ses téléphones, afin de blanchir Chakib Khellil des accusations qui pesaient sur lui.

Algérie : la présence d’Abdelaziz Bouteflika déjà réclamée à plusieurs reprises devant la justice

Notons, par ailleurs, que ce n’est pas la première fois que le nom d’Abdelaziz Bouteflika est cité dans le cadre d’affaires liées à la corruption. Les anciens premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal avaient déjà réclamé, au début de l’année 2020, la présence du président déchu en tant que témoin lors de leurs nombreux procès pour corruption.

L’ancien ministre Abdelaziz Rahabi avait également appelé, en février 2020, à traduire Abdelaziz Bouteflika devant la justice en Algérie. M.Rahabi avait ainsi estimé que l’ex-chef de l’État avait « une responsabilité dans la corruption. Il l’a couverte ». Abdelaziz Rahabi avait néanmoins insisté sur l’aspect symbolique que devait revêtir une telle décision, au vu de la santé fortement réduite du président déchu. « Je ne dis pas qu’il faut incarcérer le Président. Nous sommes le seul peuple qui n’a pas pendu, jugé ou fait exiler son Président », avait-il dit.

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