À mesure que le mois sacré approche, l’attention des fidèles se tourne vers une date bien précise : celle de l’observation du croissant lunaire qui marquera officiellement l’entrée dans le Ramadan 1447 de l’Hégire. En Algérie, le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs a fixé la nuit du doute au mardi 17 février 2026, correspondant au 29 Chaâbane 1447H. C’est à l’issue de cette soirée que sera annoncée la date officielle du premier jour de jeûne.
L’annonce a été faite par la Commission nationale des croissants lunaires et des horaires religieux, instance relevant du ministère et chargée chaque année de superviser cette étape déterminante du calendrier islamique. Fidèle à la tradition, une conférence spéciale sera organisée après la prière du Maghreb à Dar El Imam Sidi Abderrahmane Thaâlibi, située à Mohammedia, dans la capitale Alger. C’est depuis ce lieu symbolique que sera proclamée la décision finale, retransmise en direct par les médias nationaux afin d’informer l’ensemble de la population.
La méthode reste inchangée : l’observation visuelle du croissant lunaire, conformément aux principes religieux en vigueur. Des comités locaux répartis à travers différentes wilayas participent à cette mission, en coordination avec la commission nationale. Si le croissant est aperçu le 29 Chaâbane au soir, le Ramadan débutera le lendemain. Dans le cas contraire, le mois de Chaâbane sera complété à trente jours.
Au-delà de l’aspect technique, cette soirée revêt une dimension profondément spirituelle. Elle constitue un moment d’attente partagé par des millions d’Algériens, suspendus à l’annonce officielle. Dans les foyers, les préparatifs s’intensifient déjà : organisation des courses, planification des repas, préparation des lieux de prière. L’annonce du premier jour du jeûne agit comme un signal collectif, marquant le passage vers une période rythmée par la prière, la solidarité et le recueillement.
L’Algérie n’est pas la seule à se préparer. En Arabie saoudite, la Cour suprême d’Arabie saoudite a également appelé les fidèles à observer le croissant lunaire le mardi 17 février 2026. Les autorités saoudiennes invitent toute personne apercevant la nouvelle lune, à l’œil nu ou à l’aide d’instruments optiques, à en informer les juridictions compétentes afin d’officialiser le début du mois sacré. Bien que chaque pays dispose de ses propres instances religieuses, ces annonces simultanées témoignent de l’importance universelle de ce moment dans le monde musulman.
En Algérie, la commission insiste régulièrement sur la rigueur scientifique et religieuse qui encadre l’annonce de la date. Astronomes et spécialistes collaborent afin d’évaluer les données relatives à la visibilité du croissant, même si la décision finale demeure fondée sur l’observation effective, conformément à la tradition prophétique. Cette articulation entre connaissances scientifiques et référence religieuse vise à garantir une annonce fiable et respectueuse des préceptes islamiques.
Chaque année, la nuit du doute suscite débats et discussions, notamment à l’ère des calculs astronomiques précis qui permettent d’anticiper la naissance de la nouvelle lune. Toutefois, les autorités religieuses algériennes réaffirment leur attachement à la procédure officielle, considérée comme garante de l’unité nationale en matière de pratique cultuelle.
Le Ramadan représente bien plus qu’un simple mois de jeûne. Il transforme le quotidien : horaires aménagés, activités nocturnes plus intenses, mosquées animées par les prières de Tarawih, élans de générosité renforcés. L’annonce de son début constitue donc un événement majeur, à la fois religieux et social.
La confirmation définitive interviendra mardi soir, à l’issue de l’observation. D’ici là, l’attente demeure, empreinte d’une atmosphère particulière où spiritualité et anticipation se mêlent. Pour des millions de fidèles, cette annonce marquera le début d’un mois placé sous le signe de la foi, du partage et du renouvellement intérieur.