Le débat sur l’immigration et les expulsions d’étrangers sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) prend une nouvelle tournure avec les déclarations d’Olivier Becht, député du Haut-Rhin, membre du groupe Renaissance, ancien ministre et figure de la majorité présidentielle. Lors d’une récente intervention sur Franceinfo, Becht a exprimé sa position sur la situation des Algériens sous OQTF en France et les difficultés liées à leur expulsion vers leur pays d’origine, un sujet qui soulève des tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie.
Selon le député, plus de 50 000 Algériens par an sont concernés par des décisions d’OQTF en France, et parmi ces personnes, certaines présentent un caractère dangereux et fanatisé. Becht souligne que, pour des raisons de sécurité nationale, il est impératif de prendre des mesures pour que ces individus soient renvoyés dans leurs pays d’origine. Toutefois, l’Algérie refuse systématiquement de reprendre ses ressortissants expulsés. Cette situation, selon Becht, a créé un « impasse » dans la gestion de l’immigration, et il propose des solutions alternatives pour résoudre ce problème, sans nécessairement « entrer dans un rapport de force » avec le pouvoir algérien.
L’un des points majeurs de son argumentation réside dans la critique des méthodes précédentes utilisées par la France pour tenter de faire pression sur l’Algérie. Becht affirme que les « guerres des visas », un dispositif qui consiste à restreindre l’attribution de visas aux Algériens, ont montré leur inefficacité, comme ce fut le cas il y a quatre ans. Selon lui, ce genre de mesures ne fait que « pénaliser des familles » et n’a pas permis de faire avancer la position de l’Algérie. Au contraire, cela a exacerbée les tensions sans apporter de résultats concrets sur le terrain.
Algériens sous OQTF : la proposition surréaliste du Macroniste
Becht propose alors une approche plus pragmatique. Il évoque l’idée de suspendre une partie de l’aide économique que la France accorde actuellement à l’Algérie, une aide qui s’élève à environ 130 millions d’euros par an. Selon le député, cet argent pourrait être réorienté vers un autre pays de la région qui accepterait de reprendre les ressortissants algériens en situation irrégulière. Cette proposition vise à exercer une pression sur l’Algérie sans entrer dans une confrontation directe, tout en permettant à la France de remplir ses obligations légales concernant les expulsions.
« Il faut taper là où ça fait mal, taper au portefeuille », affirme Olivier Becht, suggérant que d’autres pays seraient plus que disposés à recevoir cette aide et à accepter les expulsions de ressortissants algériens. Cette suggestion met en lumière une volonté de modifier les priorités géopolitiques tout en exerçant une pression économique sur l’Algérie, dans l’espoir de la contraindre à revoir sa position sur la reprise de ses ressortissants.
Dans le contexte actuel des relations franco-algériennes, cette déclaration intervient alors que des tensions persistantes existent entre les deux pays, notamment sur des questions liées à l’histoire coloniale, à la mémoire et à la coopération bilatérale. La France a récemment intensifié ses mesures pour contrôler l’immigration, notamment par des discours politiques qui incluent la réévaluation des accords bilatéraux de 1968 entre la France et l’Algérie, qui confèrent un statut particulier aux Algériens en matière de séjour et de travail en France.
Le ministre François Bayrou a indiqué qu’il demanderait à l’Algérie de « réexaminer la totalité des accords » de 1968, en particulier ceux qui permettent une circulation et un séjour facilités des Algériens en France. Si l’Algérie ne répond pas favorablement à cette demande, la France pourrait envisager de remettre en question ces accords et de revoir ses relations avec son voisin algérien.
Les propos de Becht soulignent une volonté d’agir rapidement et de manière concrète face à la situation actuelle. Il plaide pour une approche qui se distingue des méthodes traditionnelles, appelant à des actions qui impactent directement l’économie, plutôt que de se concentrer sur des confrontations diplomatiques sans résultats. Il reste à voir comment cette proposition sera reçue par les autorités françaises et algériennes, et si elle aboutira à une nouvelle phase de négociations bilatérales.
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