Actualité politique – Le rapport de l’historien Benjamin Stora, qu’il a remis à l’Élysée mercredi dernier, suscite une vive polémique tant en Algérie qu’en France. Beaucoup d’observateurs trouvent ainsi que ce rapport ne répond pas aux attentes des deux parties concernant la question mémorielle.

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L’historien Benjamin Stora a, rappelons-le, formulé un total de 22 recommandations allant dans le sens de la « réconciliation des mémoires » entre l’Algérie et la France. Toutefois, le rapport de l’historien français suscite déjà la polémique des deux côtés de la méditerranée. Valérie Boyer, sénatrice du parti de droite Les Républicains (LR) a notamment critiqué le travail de M. Stora, dont elle a dit qu’il n’était pas « dénué d’engagements politiques ». La députée du même parti, Michèle Tabarot, estime quant à elle que le président français, Emmanuel Macron « commet une (…) faute impardonnable en sélectionnant parmi les mémoires ».

La polémique concernant le rapport de Benjamin Stora ne se limite pas à la droite française, puisque les Harkis sont également montés au créneau contre le travail de l’historien. Le Comité national de liaison des Harkis (CNLH) a ainsi accusé Benjamin Stora de « minimalisme ». « Ce qui compte vraiment c’est que la France reconnaisse définitivement le mal qu’elle a fait. En cachant cette partie de l’Histoire, elle fausse l’Histoire », a estimé cette organisation dans un communiqué rendu public ce samedi. Le CNLH critique d’ailleurs la prise de position de Benjamin Stora, qui a appelé dans son rapport à faciliter les déplacements des harkis et de leurs enfants entre la France et l’Algérie. « Les personnes qui restent sont dans leur lit de mort ou sont âgées. Quant aux enfants, les jeunes, quand ils y vont (en Algérie, ndlr), ils sont mal accueillis », a déclaré le CNLH dans son communiqué.

Polémique autour du rapport Stora en Algérie

En Algérie, le rapport de Benjamin Stora s’est également attiré les critiques de plusieurs historiens et chercheurs. C’est notamment le cas du Dr Rabah Lounici, qui a estimé que le rapport de l’historien français « met la victime et le bourreau sur un même pied d’égalité ».

La recommandation de faciliter les déplacements des Harkis entre les deux pays n’est également pas vue d’un bon œil en Algérie. Le chercheur en histoire Mohamed El Korso a ainsi estimé, avant-hier jeudi, que « La France veut faire de la question des harkis un problème fondamental. ». « on essaie (…) de nous mettre, nous Algériens, en position d’accusés, de sorte que si demain le dialogue des mémoires traîne et n’avance pas, l’alibi sera vite trouvé du côté français, en pointant du doigt la responsabilité de l’Algérie qui aura refusé de faciliter les déplacements des harkis et de leurs enfants », a-t-il déclaré.

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