Infirmière ayant filmé un défunt en Algérie : la sanction est tombée

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Une affaire troublante secoue depuis quelques heures le secteur de la santé en Algérie, à cause d’une infirmière travaillant au CHU Salim Zemirli d’El Harrach qui a filmé un défunt à l’intérieur de l’unité des soins intensifs, avant de diffuser la séquence sur la plateforme TikTok. L’incident, devenu viral, a provoqué une onde d’indignation dans tout le pays et poussé les autorités sanitaires à réagir rapidement.

Dès samedi soir, le ministère de la Santé a dénoncé publiquement ce geste, rappelant que la dignité d’un patient doit être préservée même après sa mort. Le lendemain, la direction de l’hôpital a publié un communiqué officiel dans lequel elle confirme la suspension immédiate de l’infirmière. Selon ce texte, l’acte constitue une violation grave des valeurs de la profession et une transgression inacceptable des règles qui encadrent la pratique médicale en Algérie.

L’établissement parle d’un incident « regrettable », survenu dans l’unité de réanimation. Il est reproché à l’infirmière d’avoir porté atteinte à la dignité d’un défunt en l’exposant au regard du public, à travers une vidéo diffusée sans autorisation. Le CHU estime qu’il s’agit d’une « atteinte grave aux droits du patient », soulignant que le respect dû au malade ne s’éteint pas avec la mort.

Au-delà de la suspension immédiate, une enquête administrative et judiciaire a été déclenchée. Le cadre juridique algérien prévoit en effet des sanctions contre toute atteinte à l’intégrité ou à l’image d’un défunt, ce qui pourrait entraîner des conséquences disciplinaires mais aussi pénales pour l’infirmière.

Le ministère de la Santé a insisté sur la nécessité d’adopter une tolérance zéro face à ce type de comportements. Dans son communiqué, il affirme que des « mesures strictes » seront mises en œuvre pour éviter de nouvelles dérives et pour protéger la relation de confiance entre patients et personnels soignants.

Cette affaire soulève également des interrogations sur l’usage incontrôlé des réseaux sociaux par certains professionnels de santé. L’infirmière, en filmant un défunt puis en partageant ces images en Algérie via TikTok, a transformé un moment sensible en contenu viral, brouillant les frontières entre vie professionnelle et exposition numérique. Le cas illustre les risques liés à l’instantanéité des publications en ligne et la nécessité de former les soignants à une meilleure maîtrise des outils numériques.

Le choc suscité par la diffusion de cette vidéo témoigne d’une attente forte de la société algérienne vis-à-vis de ses institutions médicales. L’infirmière, en filmant un défunt en Algérie, a brisé une règle tacite : celle qui veut que l’hôpital demeure un lieu où l’intimité du patient, dans la vie comme dans la mort, doit être respectée. L’affaire, désormais entre les mains de la justice et des instances disciplinaires, rappelle que la responsabilité des soignants ne s’arrête pas aux soins prodigués, mais englobe également la sauvegarde de la dignité humaine.