Logements, France : une loi pour expulser des Algériens examinée

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La question du logement social en France fait l’objet d’un débat politique majeur alors qu’une nouvelle proposition de loi est en cours d’examen à l’Assemblée nationale. Porté par Guillaume Kasbarian, député d’Ensemble pour la République et ancien ministre du Logement, ce texte vise à mettre un terme au maintien à vie dans les logements HLM, qu’occupent en grand nombre des Algériens de France. Avec près de trois millions de personnes en attente d’un logement social, le gouvernement estime qu’il est temps d’instaurer des mesures pour favoriser une plus grande rotation des logements sociaux et éviter qu’ils ne restent occupés par des ménages ayant dépassé les critères d’éligibilité.

Cette proposition de loi s’inscrit dans un contexte de crise du logement en France, où 70 % des ménages sont éligibles aux HLM selon leurs revenus. Elle reprend plusieurs dispositions d’un projet de loi précédent sur l’offre de logements abordables qui n’avait pas pu être examiné par le Parlement en raison de la dissolution de l’Assemblée nationale. Désormais, ce nouveau texte est en commission des affaires économiques et sera débattu en séance publique le 31 mars.

L’un des points centraux de cette proposition concerne la fin du maintien dans un logement social lorsque les occupants dépassent un certain seuil de revenus. Actuellement fixé à 150 % des plafonds de ressources pendant deux années consécutives, ce seuil serait abaissé à 120 %. Ainsi, les locataires concernés perdraient leur droit à occuper un HLM et seraient contraints de se tourner vers le parc privé. L’objectif affiché par Guillaume Kasbarian est de garantir que le logement social bénéficie en priorité aux ménages les plus modestes et qu’il ne devienne pas un avantage perpétuel.

Autre disposition phare de ce projet, la prise en compte du patrimoine immobilier des locataires de HLM. Si un bailleur social découvre qu’un locataire possède un bien immobilier jugé adapté à ses besoins ou qu’il peut générer des revenus suffisants pour se loger dans le secteur privé, son bail pourra être résilié après un délai de six mois. Cette mesure vise à éviter que certains ménages ne continuent d’occuper un logement social alors qu’ils disposent d’alternatives financières viables. Toutefois, des exceptions sont prévues pour les personnes de plus de 65 ans ainsi que pour celles en situation de handicap ou ayant à leur charge une personne en situation de handicap.

Une autre modification importante concerne le surloyer de solidarité, qui s’applique aux locataires dépassant un certain seuil de revenus. Actuellement, ce surloyer est exigé uniquement lorsque les revenus dépassent de 20 % le plafond d’éligibilité. La nouvelle proposition prévoit de l’appliquer dès le premier euro de dépassement, rendant ainsi la mesure plus contraignante pour les locataires concernés. Par ailleurs, les exonérations de surloyer actuellement en vigueur pour les locataires résidant dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville ou des zones rurales en difficulté seraient supprimées.

L’examen de cette loi suscite un vif débat, notamment parmi les associations de défense des locataires et les élus locaux. Certains dénoncent une stigmatisation des locataires des HLM et craignent une augmentation des expulsions dans un contexte déjà marqué par la précarité économique. D’autres estiment au contraire que ces nouvelles règles permettront de rétablir une certaine équité dans l’attribution des logements sociaux en évitant que certains ménages ne bénéficient indéfiniment d’un logement subventionné alors qu’ils pourraient en principe accéder au marché privé.

Logements en France : les Algériens risquent gros

Dans ce contexte, les Algériens sont particulièrement concernés par cette proposition de loi en raison de leur forte présence dans les logements HLM en France. De nombreuses familles algériennes, souvent installées depuis plusieurs générations, occupent des logements sociaux et pourraient être impactées par ces nouvelles règles. Si certains répondent encore aux critères d’éligibilité, d’autres pourraient être amenés à quitter leur logement en raison des nouvelles conditions imposées par la loi.

Le gouvernement justifie ces mesures en insistant sur la nécessité d’optimiser l’utilisation du parc social, afin que les logements HLM soient destinés en priorité aux ménages les plus précaires. Les défenseurs du projet mettent en avant le fait que les règles actuelles ne tiennent pas suffisamment compte de l’évolution des situations économiques des locataires, ce qui conduit parfois à des situations paradoxales où des familles modestes peinent à obtenir un logement social tandis que d’autres, aux revenus plus élevés, continuent d’en bénéficier.

D’un point de vue politique, ce projet de loi s’inscrit dans une volonté plus large de réforme du logement social en France. Depuis plusieurs années, divers gouvernements ont tenté d’introduire des mesures visant à améliorer la mobilité dans le parc social et à inciter les locataires à accéder à la propriété ou au marché locatif privé. Cependant, ces initiatives se heurtent souvent à des résistances, notamment de la part des associations et des syndicats de locataires qui dénoncent une remise en cause du droit au logement pour les ménages modestes

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