OQTF : une « réunion inédite » entre préfets et consuls algériens convoquée

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Les relations franco-algériennes, souvent marquées par des tensions et des négociations complexes, connaissent un nouvel épisode avec l’initiative du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Celui-ci a annoncé la tenue d’une réunion inédite entre les préfets français et les consuls algériens, un cadre de dialogue inhabituel destiné à aborder des questions sensibles, notamment la mise en application de l’accord migratoire bilatéral signé entre les deux pays en 1994. Cette décision, qui intervient dans un contexte où les enjeux migratoires sont de plus en plus prégnants dans le débat public en France, vise à renforcer la coopération avec Alger sur la question du retour des ressortissants algériens faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

L’annonce de cette rencontre intervient alors que Bruno Retailleau a exprimé son « bon espoir », selon Ouest France, de voir l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal revenir en France. Condamné à cinq ans de prison par un tribunal algérien, l’auteur se trouve au cœur d’un dossier qui a suscité de nombreuses réactions en France, notamment dans les milieux intellectuels et politiques. Si le ministre de l’Intérieur n’a pas détaillé les modalités d’un éventuel retour de Sansal sur le sol français, il a toutefois laissé entendre que des discussions étaient en cours entre Paris et Alger.

Lors d’une intervention à Maisons-Alfort, Bruno Retailleau a rappelé que l’Algérie devait respecter les termes de l’accord de 1994, lequel stipule que les autorités algériennes doivent accepter sur leur territoire les ressortissants algériens en situation irrégulière en France et sous OQTF. Selon lui, l’application stricte de cet accord constitue une priorité pour le gouvernement français, qui cherche à améliorer l’efficacité des procédures d’expulsion. Cette déclaration s’inscrit dans un cadre plus large où la gestion des flux migratoires est devenue un enjeu majeur du débat politique en France, notamment à l’approche des échéances électorales.

En convoquant cette réunion entre préfets et consuls algériens, le gouvernement français cherche à établir un dialogue direct avec Alger, une approche pragmatique qui pourrait permettre de débloquer certaines situations, notamment relatives aux OQTF. Habituellement, les discussions sur ces sujets se déroulent au niveau diplomatique ou ministériel, mais cette initiative vise à favoriser un échange plus opérationnel entre les administrations locales des deux pays. L’objectif affiché est de trouver des solutions concrètes pour faciliter les reconduites à la frontière et assurer une meilleure coopération dans la délivrance des laissez-passer consulaires, un document indispensable pour expulser un ressortissant étranger vers son pays d’origine.

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Cette démarche intervient également dans un contexte où les relations entre la France et l’Algérie restent marquées par des différends historiques et politiques. La question migratoire est régulièrement source de tensions entre les deux pays, Alger ayant à plusieurs reprises exprimé son mécontentement face à certaines décisions prises par Paris en matière de visas ou d’expulsions. La France, de son côté, estime que l’Algérie ne coopère pas suffisamment sur le retour de ses ressortissants en situation irrégulière, ce qui complique l’exécution des décisions administratives d’éloignement.

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Le cas de Boualem Sansal ajoute une dimension supplémentaire à ce dossier déjà complexe. Écrivain reconnu, notamment pour ses prises de position critiques envers le pouvoir algérien, il est perçu en France comme une figure intellectuelle dont le sort suscite une vive attention. En évoquant publiquement la possibilité de son retour, Bruno Retailleau envoie un message clair sur l’engagement de la France à défendre la liberté d’expression et les droits de ses ressortissants binationaux. Toutefois, il reste à voir comment Alger réagira à ces déclarations et si une issue favorable pourra être trouvée dans ce dossier.

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Dans les jours à venir, cette réunion entre préfets et consuls algériens, qui abordera notamment des OQTF, pourrait donner des indications sur l’évolution des discussions entre les deux pays. Si elle permet d’apporter des avancées sur les dossiers migratoires, elle pourrait ouvrir la voie à une coopération plus étroite entre la France et l’Algérie sur d’autres questions bilatérales. En revanche, si elle ne débouche sur aucun progrès tangible, elle risque d’alimenter les tensions déjà existantes et de compliquer davantage les relations diplomatiques entre Paris et Alger.