Une enquête judiciaire menée en région parisienne s’intéresse à de possibles circuits financiers entre la France et l’Algérie, après la découverte de 125 000 euros en faux billets au domicile d’un homme soupçonné d’être lié à un réseau de trafic de cocaïne. L’affaire a débuté par l’interpellation d’une voyageuse à l’aéroport de Paris-Orly et se poursuit désormais autour des transferts d’argent, de plusieurs saisies et de témoignages contradictoires.
Le dossier concerne notamment Mohamed Z., un plombier de 53 ans placé en détention provisoire quelques jours après son interpellation, en avril 2026. Les enquêteurs cherchent à déterminer s’il a participé au blanchiment de fonds provenant d’activités criminelles présumées. L’intéressé rejette les accusations et affirme ne pas avoir eu connaissance d’un quelconque trafic de drogue.
L’un des éléments matériels importants de l’enquête provient de la perquisition effectuée à son domicile. Les policiers y ont découvert 34 000 euros en billets ainsi que 125 000 euros en fausse monnaie. Des livres de comptes ont également été saisis. Ces documents pourraient aider les enquêteurs à retracer les mouvements financiers et à vérifier les liens éventuels entre les sommes retrouvées et les autres personnes visées par la procédure.
L’existence de ces fonds a conduit les investigations à examiner le rôle que le quinquagénaire aurait pu jouer dans la circulation de l’argent. Selon les informations rapportées par Le Parisien le 22 octobre, il est soupçonné d’avoir servi de banquier occulte à un réseau présumé de trafiquants opérant entre la région parisienne et l’Algérie. Cette hypothèse reste toutefois à établir dans le cadre de l’instruction.
L’affaire avait commencé plusieurs jours auparavant, lorsqu’une femme prénommée Nassera avait été arrêtée à l’aéroport de Paris-Orly, le 3 avril 2026. Alors qu’elle s’apprêtait à prendre un vol vers l’Algérie, elle transportait, selon les éléments rapportés par le quotidien francilien, 2 072 grammes de cocaïne dissimulés sur son corps.
Lors de ses auditions, la voyageuse aurait expliqué qu’elle était chargée de surveiller des personnes utilisées pour transporter des stupéfiants par avion. Elle aurait également reconnu avoir transporté elle-même de la marchandise à plusieurs reprises. Ses déclarations ont orienté les enquêteurs vers d’autres intervenants présumés, notamment un homme qu’elle aurait présenté comme un intermédiaire financier.
D’après les éléments rapportés dans la presse, Nassera aurait indiqué se rendre à Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, afin d’y récupérer des liquidités auprès d’un individu surnommé « Saraf », un terme utilisé pour désigner un changeur de devises. Elle aurait également expliqué que les instructions de son commanditaire lui parvenaient par l’intermédiaire d’une messagerie cryptée.
L’homme désigné a été identifié comme Mohamed Z. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire le 7 avril 2026. Les faits qui lui sont reprochés comprennent notamment le trafic de stupéfiants, la participation à une association de malfaiteurs et le blanchiment. La justice doit encore établir la réalité de son implication et déterminer si les opérations financières évoquées étaient effectivement liées au réseau présumé.
Le principal intéressé affirme, pour sa part, que les transferts d’argent auxquels il aurait participé correspondaient à des opérations liées à des héritages en Algérie. Il soutient avoir cru qu’il s’agissait de fonds familiaux à récupérer après le décès de son père. Il nie toute implication dans le trafic de cocaïne et conteste également être responsable de la présence des faux billets découverts chez lui.
« Je n’ai jamais touché à la drogue, ni consommé ni trafiqué », a-t-il déclaré selon les propos rapportés dans la presse. Concernant la fausse monnaie, il affirme qu’une autre personne aurait déposé les billets à son domicile. Ces déclarations constituent sa version des faits et devront être confrontées aux éléments matériels et aux témoignages recueillis au cours de l’enquête.
Son avocat défend l’idée que son client aurait pu effectuer des opérations financières sans connaître leur véritable origine. Selon cette défense, il pensait rendre service à des membres de sa communauté en participant à des virements destinés à récupérer le produit d’un héritage. Les enquêteurs doivent notamment déterminer si cette explication est compatible avec les documents saisis et les déclarations des autres personnes impliquées dans le dossier.
Les auditions de Nassera font également partie des éléments examinés. Selon Le Parisien, elle aurait expliqué en juin s’être rendue une dizaine de fois auprès de Mohamed Z. pour récupérer des liquidités, pour un montant total avoisinant 7 000 euros. Les circonstances précises de ces remises et leur éventuel lien avec les activités présumées du réseau restent au cœur des investigations.
Sur le plan judiciaire, la demande de remise en liberté du plombier a été rejetée. L’instruction se poursuit afin d’exploiter les éléments recueillis, de retracer les flux financiers et de préciser les responsabilités individuelles. Selon les informations publiées le 22 octobre, environ sept mois de travail supplémentaires seraient envisagés avant la clôture du dossier.
À ce stade, l’enquête porte donc autant sur le fonctionnement financier présumé du réseau que sur le transport de stupéfiants entre la France et l’Algérie. Les saisies réalisées au domicile du suspect, les déclarations de la voyageuse arrêtée à Orly et les explications avancées par la défense devront être examinées dans leur ensemble. Aucune culpabilité ne peut être tenue pour établie avant une décision définitive de justice.