Polémique sur les visas pour les Algériens : Macron réagit

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La question des visas accordés aux ressortissants algériens continue d’alimenter les débats politiques en France. Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 22 juillet 2026, Emmanuel Macron a tenu à clarifier la position de l’exécutif français, affirmant que Paris n’avait fixé aucun objectif précis concernant le nombre de visas délivrés à l’Algérie et qu’il n’existait aucune politique de « laxisme » sur ce dossier.

Cette mise au point intervient après les déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, qui avait évoqué récemment une possible augmentation du nombre de visas accordés aux Algériens. Ces propos avaient provoqué de nombreuses réactions dans la classe politique française, notamment à droite et à l’extrême droite.

Lors du compte rendu du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, a indiqué que le président Emmanuel Macron avait souhaité « corriger » les propos de l’ambassadeur concernant l’évolution du nombre de visas. « Il n’y a aucun objectif chiffré en matière de visas et il n’y a aucun laxisme de la part de la France », a-t-elle déclaré en reprenant les propos du chef de l’État.

Cette clarification vise notamment à répondre aux critiques apparues après une interview de Stéphane Romatet accordée au média Tout sur l’Algérie. Le diplomate français avait évoqué une « hausse » du nombre de visas délivrés aux Algériens afin de revenir progressivement vers les niveaux enregistrés avant la crise diplomatique entre les deux pays, soit environ 250 000 visas par an.

Ces déclarations avaient rapidement suscité des réactions politiques en France. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, avait dénoncé une « capitulation », tandis que Bruno Retailleau, candidat des Républicains à l’élection présidentielle, avait évoqué un « renoncement » de la part du gouvernement français.

Face à cette polémique, l’exécutif français rappelle que la politique des visas avait déjà connu une évolution importante depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017. Selon Maud Bregeon, le président français avait alors décidé de réduire le nombre de visas accordés afin qu’il corresponde « aux besoins de la France » ainsi qu’aux « réalités géopolitiques ».

Avant cette baisse, la France délivrait environ 500 000 visas par an, toutes catégories confondues. La réduction avait notamment été décidée dans un contexte de tensions diplomatiques avec plusieurs pays, dont l’Algérie, autour notamment des questions migratoires et consulaires.

De son côté, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué que la question d’un éventuel quota ou objectif de visas n’avait jamais été évoquée lors des discussions avec les autorités algériennes. « On n’a jamais évoqué ce sujet », a-t-il déclaré lors de la présentation des conclusions du Conseil des ministres.

La question des visas reste néanmoins un sujet sensible dans les relations franco-algériennes. Après plusieurs mois marqués par des tensions, Paris et Alger tentent de rétablir un dialogue plus stable autour de plusieurs dossiers, notamment la coopération économique, la circulation des personnes et les relations consulaires.

La France demeure l’une des principales destinations pour les demandeurs de visas algériens, en raison des liens historiques, humains et économiques qui existent entre les deux pays. L’évolution future des conditions d’octroi des visas devrait continuer à faire l’objet d’une attention particulière, aussi bien en France qu’en Algérie.