Qui est Mohamed Lebbou, le nouveau reponsable nommé par Tebboune ?

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Un nouveau tournant s’opère à la tête de la Banque d’Algérie. Un mois et demi après la fin des fonctions de Salah Eddine Taleb, intervenue le 4 janvier dernier, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a procédé à la nomination de Mohamed Lamine Lebbou en qualité de gouverneur de l’institution monétaire. La décision a été actée lors du Conseil des ministres tenu le lundi 23 février, selon un communiqué de la présidence de la République, officialisant ainsi un changement attendu à la direction de la banque centrale.

Le départ de Salah Eddine Taleb était intervenu dans un contexte particulier. Le 4 janvier, le chef de l’État avait mis fin à ses fonctions à la suite d’une crise déclenchée par une note interdisant le versement d’espèces sur les comptes commerciaux. Cette mesure avait suscité de vives réactions et provoqué des perturbations dans les milieux économiques. Dans l’attente de la désignation d’un nouveau responsable, Mouatassem Boudiaf avait été nommé gouverneur par intérim afin d’assurer la continuité des missions de la Banque d’Algérie.

La nomination de Mohamed Lamine Lebbou met donc un terme à cette période transitoire. Âgé de 48 ans, le nouveau gouverneur arrive à la tête de l’autorité monétaire après avoir dirigé la BEA International Bank, la filiale française de la Banque extérieure d’Algérie. Sous sa direction, cette banque publique a franchi une étape significative avec l’ouverture d’agences en France en 2025. Il avait alors qualifié cette implantation de « nouvelle étape majeure » pour l’institution et de « pont solide » entre l’Algérie, la France et l’ensemble de la diaspora, soulignant la dimension stratégique de cette présence à l’international.

Le parcours professionnel de Mohamed Lamine Lebbou s’inscrit principalement dans le secteur bancaire et financier. Il débute sa carrière chez BNP Paribas El Djazaïr entre 2004 et 2006, avant de s’orienter vers l’enseignement universitaire. De 2007 à 2017, il exerce à la Faculté des sciences économiques, commerciales et des sciences de gestion de l’université d’Annaba, où il enseigne durant dix ans. Cette expérience académique est suivie par des responsabilités de direction dans le secteur privé, notamment à la tête de l’entreprise Icosia entre 2017 et 2019.

Par la suite, il préside le conseil d’administration d’Algerian Qatari Steel de 2020 à 2021, avant de revenir au cœur du système bancaire national en prenant la direction de la Banque nationale d’Algérie entre 2021 et 2024. Son parcours se poursuit à l’international avec sa nomination en tant que président du Conseil d’administration de la Banque algérienne du commerce extérieur en Suisse, puis à la tête du Conseil d’administration d’ABS Bank au Sénégal. Entre 2024 et 2025, il exerce également en qualité de consultant, élargissant encore son champ d’expertise avant d’être désigné en mai 2025 à la tête de la BEA International Bank.

Sur le plan académique, Mohamed Lamine Lebbou est titulaire d’une licence en sciences de gestion, option finances, obtenue à l’université Badji Mokhtar d’Annaba. Il détient également une maîtrise en économie industrielle ainsi qu’un DEA de troisième cycle en analyse économique des organisations de l’université des Frères Lumière de Lyon, en France. Ce parcours universitaire, combiné à une expérience professionnelle diversifiée en Algérie et à l’étranger, constitue le socle de son profil à la tête de la Banque d’Algérie.

La décision du président Abdelmadjid Tebboune de ne pas confirmer Mouatassem Boudiaf dans ses fonctions et de confier la direction de l’institution à Mohamed Lamine Lebbou marque ainsi une nouvelle étape pour l’autorité monétaire. Cette nomination intervient dans un contexte où la stabilité financière et la gestion des équilibres monétaires occupent une place centrale dans les priorités nationales. Avec ce changement, la Banque d’Algérie entame une nouvelle phase sous la conduite d’un banquier disposant d’une expérience à la fois nationale et internationale, appelée à jouer un rôle déterminant dans la régulation et l’orientation du système financier du pays.